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Gérard Lambert, un homme bien dans ses racines, lié à la terre


L’histoire, le terroir, la culture, deux cépages locaux et anciens, la passion et le savoir-faire pour produire un vin et un homme qui pétillent.


| Rédigé le Vendredi 1 Juin 2018 |

Gérard Lambert, que représentent pour vous les vins de Seyssel ?
Il y a deux choses, l’histoire des vins de Seyssel et mon histoire qui est venue s’y mêler.

Commençons par les vins de Seyssel.
C’est un vignoble parmi les plus vieux de France. Dans les années 70, des fouilles archéologiques effectuées sur le site de Condate, à deux kilomètres au sud de Seyssel, ont montré que la culture de la vigne était déjà présente du temps des Romains. Malheureusement ces découvertes ont été réenfouies, à mon plus grand regret. Il s’agissait d’outils. Des textes de Pline l’Ancien vantaient déjà au 1er siècle les vins d’Allobrogie et ceux de Seyssel, qui étaient vraisemblablement embarqués sur des bateaux vers la cour de Rome ou d’autres destinations. De la rive gauche, les vignobles ont ensuite gagné la rive droite entre les 10° et 14° siècle avec l’arrivée des moines d’Arvières. Grâce à eux, le vignoble couvrait 1400 hectares , soit 10 fois la superficie actuelle.

Les vins de Seyssel étaient donc appréciés, réputés bien au-delà de la région.
La présence du Rhône a été déterminante pour le transport. De tout temps Seyssel a été le dernier port sur le Rhône, le plus haut. Des échanges commerciaux se faisaient entre la Méditerranée et Seyssel. Les Suisses acheminaient leur Gruyère jusqu’au port sur des charrettes tirées par des bœufs ; la pierre locale partait aussi sur le Rhône pour la construction d’édifices, à Avignon, par exemple. Un peu plus tard, la culture de l’iris a permis d’envoyer des fleurs jusqu’à Grasse pour la fabrication de parfums.

Le vin a bénéficié lui aussi de cet environnement favorable.
Avant de péricliter, il a connu des périodes d’expansion, oui. Il est issu de deux cépages dont l’un est unique au monde, la molette. On n’en savait pas grand chose. A l’occasion de concours auxquels j’ai participé pour relancer le vin de Seyssel, son nom est réapparu, les œnologues s’y sont intéressés, ainsi que des associations d’ampélographie (description de la vigne). Il s’avère que la molette fait partie des plus vieux cépages français et serait peut-être à l’origine de tous les cépages blancs. Le Gouais est considéré habituellement comme le premier cépage qui adonné le Chardonnay, le Sauvignon… Et la Molette aurait un cousinage avec le Gouais.
L’autre cépage, l’Altesse, permet de raconter une belle histoire. Il serait arrivé par la princesse de Lusignan, fille de Janus 1er, roi de Chypre et d’Arménie, qui a épousé le duc de Savoie en 1434.
 

C’est donc un vin lié à l’Histoire.
C’est ce qui a contribué à la réputation de nos vins, ce qui leur a donné leurs lettres de noblesse, qui les ont menés à leur apogée entre le 10° et le 14°siècle. Mais la grande période se situe au 19° siècle, autour de 1856, lorsque ce vin a été baptisé « Champagne de Seyssel ». Il était apprécié par toutes les têtes couronnées qui séjournaient dans les palaces, à Aix-les-Bains notamment pour des cures thermales.

L’Histoire, le tourisme, la santé… De nombreux paramètres ont contribué au succès du vin de Seyssel.
Les ducs de Savoie y ont participé eux aussi. Un romancier évoque son voyage en train en 1856 entre Lyon et Genève et y parle de la dégustation du vin de Seyssel. Seuls existaient deux ou trois vins de grande qualité  réalisés avec la méthode champenoise à cette époque. Seyssel en faisait partie.

Le vin tel que vous en parlez est un voyage, dans l’Histoire, dans la culture, dans la géographie, dans la société…
Tout à fait. En 1901 est née l’appellation « Royal » et en 1927 s’est constitué le Syndicat des vins de Seyssel qui a demandé l’obtention d’une appellation d’origine contrôlée. Une initiative de pionniers puisque aucune appellation n’existait encore à l’époque. Celle-ci est octroyée en 1942 à l’issue de toute une démarche, pour trois communes : elle est l’une des premières AOP de France.

Comment arrivez-vous dans cette histoire ?
Les maisons qui avaient créé le Royal Seyssel ont disparu au fil des années. Elles ont été rachetées par un grand groupe. La qualité a baissé. Les vignerons se sont mis à faire du vin blanc tranquille, la Roussette, si bien que le Royal Seyssel a failli disparaître en 2017 ; ce que je ne pouvais pas supporter. Je n’acceptais pas de voir disparaître ce patrimoine. Nous sommes à Seyssel depuis cinq générations, agriculteurs, artisans…

Vous êtes vous-même un vieux cépage.
Un peu, oui. Je suis attaché au patrimoine historique, culturel et économique. Je suis parti dans un pari un peu fou. Il fallait très rapidement remettre en place toute une structure pour ne pas voir disparaître tout ce pour quoi s’étaient battus nos parents, nos grands parents. J’ai vu pleurer des vignerons désemparés lorsque le groupe propriétaire du Royal Seyssel a annoncé la fin de l’activité. La fermeture.
 

Derrière votre épouse, vous, il y a les vignerons, un terroir, une histoire.
C’est pourquoi j’ai monté un projet personnel mais d’intérêt général pour sauver ce tissu économique constitué d’une quinzaine de familles de vignerons.
J’ai misé sur la qualité pour remettre en avant ce produit exceptionnel. Une vinification à l’ancienne, un temps de vieillissement très long, au moins 36 mois de prise de mousse. Ce qui donne entre 48 et 72 mois de prise de mousse, de vieillissement selon les cuvées, d’où la finesse de bulle liée à un vin authentique, sans aucun ajout.
Le Royal Seyssel revient sur le devant de la scène mais le challenge n’est pas encore gagné ; il faut continuer à se battre, reconquérir des marchés et s’ouvrir à l’international. Notre image a été confortée par les médailles remportées dans des concours internationaux.

Dans une dégustation à l’aveugle, comment reconnaîtrait-on le Royal Seyssel ?
Justement, les œnologues du concours des meilleurs champagnes effervescents du monde n’ont pas reconnu certaines de mes cuvées. Ils m’ont appelé pour me dire qu’ils avaient été bluffés et avaient cru à un champagne millésimé.
Tout avance mais comme je suis un passionné, je viens de reprendre des vignes en biodynamie et j’espère que tout le terroir de Seyssel va adopter la même démarche. Ce n’est pas une mode mais une conviction pour réagir à la pollution de notre planète. C’est mon dernier combat, dans lequel je souhaite entraîner tous les vignerons de Seyssel.
 


Plus d'informations sur www.vins-domaine-lambert.com

Voir notre Jeu Concours avec Gérard Lambert : 1 Caisse "Découverte" de Royal Seyssel

 

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Paul Rassat
Rédacteur et Reporter chez Move-On Magazine En savoir plus sur cet auteur


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