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Rencontre au Fablab sur le site des Marquisats


Rencontre avec Stéphane Sauzedde qui nous présente le Fablab de l’ESAAA, un lieu de bricologie, de rencontre, de socialité et d’ouverture !


| Rédigé le Mercredi 4 Avril 2018 |

Depuis 2015 l’Ecole d’art des Marquisats fait vivre et vit d’un FabLab en devenir, ce qui serait presque un pléonasme car un FabLab est une structure ouverte appelée à évoluer et à faire évoluer celles et ceux qui le fréquentent.

Stéphane Sauzedde, directeur de l’ESAAA, nous présente et nous fait visiter celui des Marquisats.

"La logique d’un fablab est de rassembler en un lieu des machines qui permettent de faire à peu près tout. Neil Gershenfeld en invente le concept au MIT au milieu des années 90 mais il ne le connecte qu’au domaine du numérique en pensant qu’on peut tout faire en partant d’ un ordinateur auquel on relie une imprimante 3D, une découpeuse laser, etc .Comme il était dans une culture d’ingénieur, il n’a pas vu que les techniques plus traditionnelles comme la sérigraphie, la céramique ,le travail du bois, du métal, la soudure à la main…sont parfaitement compatibles avec l’autre volet du fablab.

Nous avons été des pionniers ici aux Marquisats parce que nous avons pensé qu’il ne fallait pas séparer des techniques parfois multimillénaires qui relèvent de l’artisanat, comme la céramique, d’outils et de techniques ultra modernes comme une imprimante 3D en céramique.

Une école d’art fonctionne sur des projets, nous avons ici des techniciens très doués en bricologie, capables d’inventer leurs propres techniques et de les partager puisqu’une école d’art est une communauté au travail. Nous sommes donc une plate forme de rencontre des techniques, des savoir faire, des outils, des cerveaux sur des actions très courtes ou d’autres qui jouent sur la durée.

Un fablab correspond exactement à notre façon de fonctionner, mais quand nous l’avons lancé  nous avons aussitôt réalisé que nous souhaitions l’ouvrir sur la société, sur le territoire annécien en particulier. Nous travaillions déjà avec Polytech, avec l'Institut de la mécatronique, qui ont plutôt une culture d’ingénieurs et nous avons décidé d’ouvrir le fablab sur deux créneaux par semaine. Les gens y viennent pour réaliser leurs projets ; un dialogue se crée avec les responsables des différents ateliers. Après une modique adhésion mensuelle, les utilisateurs paient un temps/machine. Nous offrons une plus value de compétences davantage que de services."

Ce fonctionnement apporte quelque chose à l’Ecole d’Art ?
Nous sommes dans une logique de fonctionnement public, il est donc normal que nous apportions quelque chose au public, mais il est intéressant en retour , pour nos étudiants, de voir un ingénieur résoudre une question d’électronique, et très enrichissant de voir à côté d’un ingénieur l’un de nos étudiants capable de faire de la musique avec des plantes vertes sur lesquelles il branche des électrodes. La coprésence de certains métiers est capable de susciter ce type de connexions.

Ceci nécessite un esprit ouvert, un goût pour l’aventure.

Les tiers lieux sont indépendants du travail ou de l’espace domestique, des espaces tiers, on s’y retrouve donc pour des questions d’intérêt, de passion, d’enrichissement personnel.  L’esprit de ce qui se passe dans un tiers lieu ou un fablab peut finalement se retrouver ailleurs mais il présente une particularité , l’intérêt pour des cultures liées à un imaginaire science fictionnel ,à la futurologie, le rêve technologique, des désirs d’hybridation…qui ont au fond beaucoup à voir avec les cultures populaires.

Les tiers lieux et les fablabs peuvent devenir des gadgets de notre époque, par lesquels certains croient que va passer la « révolution » de notre société. Ils sont à coup sûr des endroits de socialité, un peu comme un club de pétanque. Notre but, ici est de mettre au service des gens des richesses qui entrent dans un cercle vertueux.

Les tiers lieux n’auraient pas à voir avec le travail, mais au fond, est-ce qu’ils ne permettraient pas d’envisager le travail différemment ?
Des gens viennent ici qui sont intéressés par le monde à venir, des rêveurs et parmi les rêves que nous faisons tous concernant le futur figure une reprogrammation du travail. On dit depuis des années que la mécanisation, puis la robotisation et aujourd’hui la mise en intelligence artificielle du monde contient la promesse que l’Homme n’ait plus à accomplir de tache qui l’asservit. Si le passage par ces lieux permet de sentir que son intelligence et sa créativité ont été prises en compte , que la démarche apporte un épanouissement personnel, j’en serai très heureux.

Il faut malgré tout prendre en considération la dimension économique. Un fablab est plutôt dans une logique de non rentabilité. Une personne qui y travaille trois heures ne sait pas si ça va déboucher réellement, elle est un peu dans la position d’un chercheur du CNRS, alors que les entreprises travaillent avec des contraintes de temps, de rentabilité, de secret. Mais rien n’est totalement fermé et c’est à la rencontre de ces milieux que peuvent se passer des choses intéressantes.

***
Des choses intéressantes ?

Par exemple le site des Marquisats , tout à fait dans l’esprit des fablabs et aussi dans celui de cette maison des jeunes qui exista ici. Un site en cours de réalisation qui réunira l’ESAAA, le Brise-Glace, une résidence et pourquoi pas la base nautique et le club de tennis.
 
La visite qui prolonge notre discussion illustre parfaitement le propos de Stéphane Sauzedde. Passant d’un atelier à l’autre, d’une rencontre, d’une discussion à une autre, notre cerveau et notre curiosité s’ouvrent et des connexions naturelles se créent à remarquer le voisinage d’une imprimante 3D, d’une machine à coudre, d’un abat jour, de montures de lunettes en cours de réalisation à base de disques durs d’ordinateur recyclés. Là on utilise le laser pour imprimer un texte par découpage dans des panneaux de plâtre, ici un étudiant réalise de la « peau d’arbre » pour construire un canoë (qui aurait naturellement sa place juste en face, à la base nautique).
Derrière sa discrète façade en béton l’ESAAA abrite une effervescence, un fourmillement créatifs qui invitent à y revenir.

À  suivre avec intérêt et curiosité !

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Paul Rassat
Rédacteur et Reporter chez Move-On Magazine En savoir plus sur cet auteur

        

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