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Novecento refait escale à Annecy, port d’attache d’André Dussollier


En 2015 Move On avait consacré deux articles à Novecento. Retrouvez-les ci-dessous.
De cette parabole philosophique au sens très ouvert, chacun pourra tirer le sens qui lui convient, éventuellement l’image de quelqu’un qui ne touche pas terre…

Novecento, au Théâtre de Bonlieu le 25 et 26 janvier 2020


| Publié le Samedi 18 Janvier 2020 | |

Monsieur Dussollier à Bonlieu

Novecento 2020 - André Dussollier ©Christian Ganet
Novecento 2020 - André Dussollier ©Christian Ganet
Tu vas écrire quelque chose sur Novecento, le texte d’Alessandro Baricco ? Joué et chanté par Dussollier ?
_ Monsieur Dussollier !
_ Monsieur Dussollier, arrête ! il est du coin André. Je l’ai aperçu, tiens ! à la plage de Sevrier, se promenant un début de printemps , il y a…
_ Il a beau être du coin, c’est un immense acteur.
_ Justement ! Et puis après toutes les critiques élogieuses sur Novecento, je ne vois pas ce que tu vas inventer.
_ Là, tu as raison. Même le Canard s’y est mis. Dussollier, tout le monde a l’impression de le connaître. Le charme discret, le sourire mesuré, la présence agréable et naturelle d’une personne de qui on sent immédiatement qu’elle est plus qu’un acteur. Et puis la voix ! Très légèrement nasillarde, mais chaude, chaleureuse et légère à la fois. Bon, Dussollier, c’est Dussollier. Une carrière ! Et Baricco, le type qui a écrit Soie, le mystère, le voyage, la poésie, l’amour, tout y est. Il serait presque possible d’écrire un article sur Novecento avant de voir la pièce. De confiance. Un peu comme les politiques qui commentent les yeux et les oreilles fermés l’intervention d’un confrère. De son bord ou pas, bon ou mauvais, c’est joué d’avance. Quoique… quand on a tellement entendu parler d’un spectacle, d’un acteur…Proust a bien été déçu lorsqu’il a découvert la Berma sur scène !
_ Tu veux dire que l’intérêt d’aller voir Novecento réside dans la possibilité d’être déçu ?
_ Je ne le dirais pas comme ça ; mais l’attente est forte. L’auteur, le texte, l’acteur principal, on ne peut s’attendre qu’à quelque chose de très grand. L’histoire d’un enfant né sur un bateau, qui devient pianiste à bord sans jamais toucher terre.
_ Il plane ?
_ Non, il est naturellement amariné, habitué à la mer, qui avec la musique est son élément. Il est dans l’incapacité de s’habituer à la terre ferme. Comment pourrait-on dire cela ?
_ D’atterrir
_ Oui et non ; de se conformer aux contraintes de tous ordres.
_ C’est l’albatros de Baudelaire ?
_ Sais pas. Peut-être. On ira voir.
_ Et t’écriras une critique, après ?
_ Pas la peine. Si je suis déçu – ce que je ne crois pas – je n’aurai pas envie d’écrire. Si c’est un chef-d’œuvre, d’autres l’on déjà écrit. On se contentera de profiter du spectacle ! « Dans les yeux des gens, on voit ce qu’ils verront, pas ce qu’ils ont vu. Il disait ça : ce qu’ils verront. »
Bel espoir, non ?

Monsieur Dussollier à Bonlieu (suite)

Novecento - André Dussollier ©dr
Novecento - André Dussollier ©dr
_ Alors, tu l’as vu « Novecento » à Bonlieu ?
_ Ben oui ; je t’avais dit que j’irais.
_ Et alors ?
_ Un triomphe, c’était joué d’avance, façon de parler. Excuse-moi, je suis influencé par le début de la pièce. Tout en jeux de mots du genre « Il vaut mieux que vous ne pâtissiez pas de la durée… Tout d’abord ou tout tribord… Le touche à touche de génie (du pianiste) qui nous rappelle chaque soir clavier est belle… »
_ Donc, t’as vu « Novecento » !
_ Oui et non ! J’ai vu la pièce qui en porte le nom. On dit « éponyme », ça fait classe. Mais lui, le personnage, je ne l’ai pas vu ;; non, je ne l’ai pas vu mais c’était mieux, parce que le Dussollier, quel conteur ! Pas le type qui s’agite pour rien, qui en fait des tonnes, mais même quand il ne bouge pas, t’as l’impression qu’il joue avec tout son corps. La maîtrise, quoi !deux cents pour cent de rendement. Et puis l’art du rythme dans la voix. Il te balance du texte version rappeur à cent à l’heure, et d’un coup silence, reprise sur une autre cadence, alors t’es là suspendu pendant qu’il te tricote son histoire. Une histoire à faire chialer, l’histoire de la vie, avec ses touches blanches et ses touches noires. La vie, tu vois, il faut la vivre en inventant son propre rythme ; quand elle danse, enlève les cales, les freins et danse avec elle, même si ça finit mal, bien sûr.
Danse, mec, danse avec la vie, invente ta musique, invente ta vie !
_ Alors tu l’as pas vu ?
_ J’ai fait mieux. Pendant la durée de la représentation j’ai été Novecento, et j’espère le rester encore un peu.
Je suis Novecento !

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Paul Rassat
Auteur, Rédacteur et Reporter chez Move-On Magazine. En savoir plus sur cet auteur


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