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Intelligence Artificielle : Mélusine la fait pour la MAIF.


L’intelligence permet de lire le monde.


| Publié le Jeudi 14 Mai 2020 | |

Mélusine, le logiciel de gestion de courriel de la MAIF ©DR
Mélusine, le logiciel de gestion de courriel de la MAIF ©DR
On entend de plus en plus parler d’Intelligence Artificielle, au point que l’univers qu’elle recouvre semble parfois relever de la science fiction, voire de la magie.

Rien de tel qu’un exemple concret pour appréhender l’IA. Après conversation avec Frédéric De Javel, pilote de projets Data Science et IA, représentant pour la circonstance les équipes du Datalab MAIF, voici ce que nous avons compris et retenu de cette "discipline" si prometteuse.

Qu’y a-t-il à retenir du développement actuel de l’Intelligence Artificielle ? Qu’elle contribue à développer l’intelligence humaine, la  pousse à analyser son propre fonctionnement pour développer l’IA.
Il est nécessaire de recourir à l’étymologie afin de cerner la question : l’intelligence -de intellego en latin- consiste à lier, à relier en créant des liens afin de lire en formant du sens.
La préoccupation d’une mutuelle comme la MAIFest exactement de cet ordre lorsqu’elle développe le projet Mélusine, bonne fée du Poitou porteuse de la lumière.

Chaque jour, la MAIF reçoit 15 000 mails. Mélusine permet d’en identifier le contenu, de l’adresser au service concerné, de réduire ainsi les intermédiaires ainsi que les temps de traitement et de réponse ; de faire le tri entre les messages qui appellent une réponse automatique et ceux qui nécessitent une réponse circonstanciée.
Mélusine est une fée drôlement intelligente parce qu’elle utilise les mathématiques et les statistiques afin de trier la pertinence de mots clés ; elle passe à un niveau supérieur d’analyse afin de regrouper des mots en des champs lexicaux et sémantiques d’où elle tire leur sens exact : c’est le contexte qui permet d’attribuer un sens précis à un mot.

"Piste" utilisé seul peut évoquer l’athlétisme, la danse, les empreintes laissées par un animal, le cyclisme, un support sonore… Ajoutez "chevaux" vous réduisez le champ des possibilités ; avec "clown" vous découvrez que la piste concernée est celle du cirque. Mélusine repère les mots clés, les rapproche et en tire un concept pertinent : " maison" appartient à l’univers de l'habitation, "307" à celui de la voiture…
Autre cheminement possible vers la notion de cirque, vous partez de Zavatta, et là il vous faut avoir tout un univers de références, comme pour Grock.
 

MAIF assurances ©DR
MAIF assurances ©DR
Afin d’affiner votre approche, il vous faut faire la différence entre "un pauvre type" et "un type pauvre". C’est ce que Mélusine, excellente linguiste s’ingénie à apprendre aux ordinateurs. Elle est ainsi capable de classer les messages en fonction des intentions qu’elle y relève.
Par ses origines, la fée Mélusine est liée à la mer, celle de la MAIF travaille à partir d’un immense réservoir de données afin d’optimiser "l’apprentissage" des ordinateurs ; leur "éducation" se fait par affinements logiques successifs pour atteindre la démarche la plus pertinente possible.
Là où un enfant sait reconnaître un chien à partir des deux ou trois qu’il a déjà rencontrés, l’ordinateur a besoin de milliers d’exemples pour atteindre le concept de chien. Il refait ensuite à chaque analyse de message la totalité ou une grande partie de cette démarche d’apprentissage quand une personne a recours à des biais cognitifs parce qu’il est impossible et inutile de refaire systématiquement tous les raisonnements qui nous amènent à reconnaître des objets, des situations, des personnes, des sensations, des sentiments…Cette capacité de l’homme à procéder par intuitions est un atout déterminant qui lui fait gagner du temps, de l’efficacité et de la liberté et une source d’erreurs lorsqu’il procède par approximations en croyant reconnaître une situation sans en avoir analysé tous les éléments.

L’interaction entre l’ordinateur et l’homme demeure indispensable. L’intelligence artificielle permet à l’homme de s’alléger de certaines tâches et de se consacrer à celles qui exigent une individualisation poussée avec une efficacité accrue. L’homme configure l’IA et demeure aux côtés des ordinateurs car des situations inédites, qui échappent encore à la progression de l’IA se présentent en permanence.
Au fond, l’intelligence humaine et l’intelligence artificielle sont en lien permanent, ce qui rejoint la définition étymologique de l’intelligence.

Nous avons parlé de mathématiques, de statistiques, de linguistique. Il serait inutile d’approfondir l’aspect philosophique de l’intelligence artificielle dans son lien avec la réalité : en quoi un langage reflète-t-il la réalité ? Est-il la réalité ? Une métaphore de celle-ci ? Le langage numérique, ainsi que le mathématique, s’interdit toute figure de style, toute comparaison ou métaphore qui ouvre à la poésie et à l’humour, comme ces deux exemples de zeugmas :
« Je fus présenté à la famille où je plus tout de suite, à verse. » Alphonse Allais
« Les grands pots rouges des deux côtés du perron, transformés en Indiens sauvages par la nuit qui venait et les incertitudes de l’orthographe. » Boris Vian dans L’herbe rouge.
Ce souci d’exactitude n’exclut pourtant pas une forme d’approximation, comme le relevait Einstein :
« Tant que les lois mathématiques renvoient à la réalité, elles ne sont pas absolues, et tant qu'elles sont absolues, elle ne renvoient pas à la réalité. »
Et pourtant ça marche ! L’IA fonctionne, est opérationnelle et devient de plus en plus efficiente dans les domaines qui lui sont ouverts.

Reste l’usage qu’on souhaite en faire. Aider l’homme ? Le remplacer ? Nous rejoignons là les domaines de la philosophie, de la morale, de l’économie, de la politique et touchons à des équilibres à définir en permanence qui, entre l’humain et l’artificiel, se doivent d’inclure la convivialité, la politesse, l’empathie puisque l’homme, la période de confinement actuelle nous le rappelle, est un animal social.
​Ce que ne saurait oublier Mélusine, qui est une bonne fée.


 

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Paul Rassat
Contributeur Ambassadeur chez Move-On Magazine. En savoir plus sur cet auteur


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