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Confiné dans la lecture


Pistes de lecture pour jeunes et moins jeunes.
Près de 60 références de livres à connaître ou à découvrir.


| Publié le Samedi 2 Mai 2020 | |

Confiné dans la lecture Confiné dans la lecture ©Paul Rassat
Confiné dans la lecture Confiné dans la lecture ©Paul Rassat
Quelques pistes de lecture afin de compléter les dizaines de critiques qui figurent déjà sur le site de Move-On Magazine. Il y en a pour tous les goûts. A la fin de Une histoire de la lecture Alberto Manguel écrit « L’histoire de la lecture, heureusement n’a pas de fin. »
 
Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ? Éditions de Minuit en 2007
/Pierre Bayard, professeur de littérature à l’Université
Non, ce n’est pas une plaisanterie, le livre en question existe bel et bien. La 4° de couverture en résume parfaitement le contenu et l’esprit
« L’étude des différentes manières de ne pas lire un livre, des situations délicates où l’on se retrouve quand il faut en parler et des moyens à mettre en œuvre pour se sortir d’affaire montre que, contrairement aux idées reçues, il est tout à fait possible d’avoir un échange passionnant à propos d’un livre que l’on n’a pas lu, y compris , et peut-être surtout, avec quelqu’un qui ne l’a pas lu non plus. »
Précisons qu’il n’est pas indispensable de lire le livre de Pierre Bayard pour en parler. De quoi déculpabiliser des générations de collégiens et de lycéens qui ont expédié leurs fiches de lectures sans vraiment lire les ouvrages imposés !
 
Haroun et la mer des histoires
/Salman Rushdie (traduction française 1991)
À la fois roman, conte, œuvre poétique et philosophique, sa lecture était recommandée par Pierre Gilles de Gennes, prix Nobel de physique. Elle convient aussi bien à un enfant de 10/11 ans , bon lecteur, qu’à un adulte exigeant. Comme nombre de grands livres, celui-ci transcende les habituelles catégories littéraires (littérature de jeunesse, polars, SF… ) et nous conduit dans le monde de l’imagination et de la création. Une réflexion profonde, un voyage dans le monde de l’imagination, de la création et de la liberté.
 
Roger-Pol Droit, philosophe reconnu à qui il arrive de causer dans le poste de radio / Éditions Odile Jacob 200
L’une des tendances intéressantes de la philosophie actuelle consiste à descendre de son piédestal et à s’incarner dans l’expérience du quotidien afin de montrer que le quotidien n’est pas si quotidien que ça. Non ? L’auteur nous invite à vivre 101 expériences philosophiques personnelles dont voici quelques unes :
« S’appeler soi-même/ S’amuser comme un fou/Attendre sans rien faire/Devenir la musique/S’arracher un cheveu/Enlever sa montre/ Manifester seul/Boire en pissant. »
La dernière rubrique constitue une réponse intéressante au fameux « Boire ou conduire, il faut choisir ». Il serait effectivement possible de boire en faisant autre chose !
Vive la philosophie !
 
Théorie du bordel ambiant
/Roland Moreno (1990)
Vous voulez lire un truc qui ne ressemble à rien ? Qui ressemble à quelque chose, mais à rien d’autre ? Alors c’est le livre qu’il vous faut. Roland Moreno fut le génial inventeur de la carte à puce, cette puce qui est devenue le plus fidèle compagnon de l’Homme .
En 300 pages environ vous avez un fouillis d’imagination, de drôlerie, d’intelligence, de digressions dont quelques sous-titres donnent un très vague aperçu : « … Chatouilles et cigognes/Devenir adulte ?/La synectique/Soliloque halluciné/Le Rayon noir/Effet de l’aplanissement des écarts/Une chaise/Système et sottise/ Inépuisable spectacle de la réalité … »
Pour lecteurs curieux qui peuvent se passer d’une intrigue.
 
 
Trois des meilleurs titres de Tom Sharp, qui associent l’humour anglais, une féroce critique de la société, de la politique, des institutions, de la morale. Un délire salvateur qui fait fonctionner aussi bien les zygomatiques que le cerveau, c’est pourquoi la lecture au lit en présence d’une voisine ou d’un voisin est très vivement déconseillée.
 
Nuit
/Edgar Hilsenrath (1° édition 1964).
Récit de la survie dans un ghetto, inspiré de l’expérience personnelle de l’auteur. Plus sombre tu meurs ! Après on revient au quotidien et aux résultats du CAC 40 avec délices.
« L’HOMME ETAIT ENTRÉ SANS BRUIT… COMME S’IL AVAIT EU PEUR DE réveiller les morts. La pièce était plongée dans la pénombre. Peu à peu ses yeux s’accoutumèrent et les contours de la longue estrade faisant office de couchette devinrent plus nets. Ils étaient couchés là. La plupart étaient morts du typhus pendant la semaine ; quelques uns respiraient encore, mais ils n’avaient plus la force de bouger. Dans un coin tout au fond, juste sous la fenêtre sans vitre, une seule place était vide : la sienne. » 
Suivent 554 pages. Du même auteur, avec autant de force Fuck America
 
De l’art de prendre la balle au bond  
/Denis Grozdanovitch 2007
Signalons le sous-titre « Précis de mécanique gestuelle et spirituelle » Dès la première page, deux citations :
« L’homme n’est pleinement lui-même que quand il joue » F. Schiller
« …Nous jouons et nous sommes conscients de jouer : nous sommes donc plus que des êtres raisonnables, car le jeu est irrationnel.»
Ce livre écrit par un ancien sportif de haut niveau constitue une sorte de manuel de savoir vivre. Le sport et la vie y sont envisagés sous l’angle d’un jeu répondant essentiellement à des exigences esthétiques.
De quoi réconcilier (si besoin était) l’intelligence et le sport.
 
Le pingouin
/Andreï Kourkov (1996)
Cité en 4° de couverture, Télérama écrit « Impossible (et peu souhaitable, la lecture en est si savoureuse !) de résumer les mille et une aventures que partagent un homme naïf et un pingouin mélancolique. »
Une phrase extraite du roman
« J’ai pas de chance avec les femmes. J’en ai eu marre, j’ai pris un pingouin et je me suis tout de suite senti mieux. »
A faire suivre de Les pingouins n’ont jamais froid. Deux livres déjantés.
 
L’Aliéniste
/Caleb Carr (1999)
Excellent polar. À la fin du 19° siècle, à New York. Un serial killer qui travaille ses mises en scène d’un côté. En face, un aliéniste (un psychiatre) et des méthodes nouvelles. Comme tous les grands polars, ce roman est avant tout de la très bonne littérature.
 
Le lecteur de cadavres
/Antonio Garrido (2011)
L’apparence d’un polar, le goût d’un polar mais aussi les qualités d’un roman d’initiation pour ce livre de 600 pages dont le héros qui vit dans la Chine du XIII° siècle devient médecin légiste ; mais ses enquêtes constituent avant tout une enquête sur sa famille, ses proches et sur lui-même. Un roman d’initiation donc, comme les grands de la littérature.
 

Jonathan Livingston le goéland
/de Richard Bach (1970)
Environ 120 pages en assez grosse écriture et avec des illustrations pour cette allégorie de la liberté et de la perfection qui peut se lire à partir de 10/11 ans et bien au-delà.
Alors que ses congénères volent uniquement pour se nourrir, Jonathan, lui, prend plaisir à cet exercice qu’il passe son temps à perfectionner, risquant le ridicule, des accidents ou le rejet de sa tribu. Belle leçon de philosophie pratique pour apprendre à se dépasser et à devenir soi-même.
 
Le Dictionnaire du Diable  
/Ambrose Bierce (1° publication 1911)
Quelques extraits constituent la meilleure présentation de ce livre :
« - Abstinent n. Personne faible qui cède à la tentation de se refuser un petit plaisir.
- Cerveau n. Appareil avec lequel nous pensons que nous pensons.
- Discussion n. Moyen de confirmer les autres dans leurs erreurs .
- Singe n. Animal arboricole qui se sent également très à l’aise dans les arbres généalogiques.»
 
La vie rêvée des philosophes
/Yves Cusset (2012)
Que vous aimiez la philosophie ou que vous en ayez les pires souvenirs scolaires, ce livre pourrait vous plaire. En 184 pages, l’auteur, lui-même philosophe et homme de scène, passe à la moulinette de l’humour, du jeu de mots, de la poésie la vie et l’œuvre de 38 philosophes. On n’est pas sérieux quand on est philosophe !
 
Le cercle de la croix
/Iain Pears (1997)
Du polar historique érudit dans l’Angleterre du 17° siècle. Un mort. Quatre versions différentes de l’histoire, des critiques élogieuses. Un très bon moment, pour bons lecteurs. 925 pages en édition de poche.
PS : tous les livres de Iain Pears sont intéressants et captivants à des degrés et pour des raisons diverses.
/Andrea Camilleri
Encore un polar, mais bien plus encore. À recommander comme tous les bouquins de Camilleri. À la limite, l’intrigue – toujours de qualité – importe peu. L’auteur joue avec la langue italienne (ce qui pose quelques problèmes aux traducteurs), met en scène l’administration, les politiciens, la mafia, ridiculise parfois la justice et les institutions. Une saine et tendre entreprise de démolition par l’humour.
Si vous vous lancez dans la lecture des livres de Camilleri qui mettent en scène son héros, Montalbano, vous pouvez éventuellement les lire dans l’ordre chronologique afin de suivre l’évolution du policier.

No pasaran, le jeu
/Christian Lehmann
Paru dans l’excellente collection Médium pour adolescents (L'École des loisirs) ce roman convient aussi aux adultes. L’un des héros fait l’acquisition d’un jeu sur disquette informatique, un jeu de guerre qui projette le joueur bien au-delà du jeu. Une sacrée leçon !
 
Le passeur
/Lois Lowry (Médium)
Une société qui vise à la perfection. Chacun y est à sa meilleure place, celle qui lui est assignée. L’absence d’émotions évite tout conflit. La vie sociale, personnelle, professionnelle est réglée par la collectivité. Seul « le passeur » échappe à ce conditionnement.
Une réflexion sur la vie sociale et politique par l’intermédiaire d’un récit simple et très agréable à lire. De la philosophie à la portée de tous.
 
Mots de tête
/Pierre Légaré
111 pages d’humour. Extraits :
« En Espagne, quand les lattes du plancher se déclouent, on organise une soirée de flamenco. »
« Les enfants autrichiens s’appellent les Autrichiots. »
« Il devrait y avoir un clignotant au milieu de la voiture, pour indiquer qu’on continue tout droit. »
« Si on tire rapidement la bandelette enveloppant une momie, on peut la faire démarrer. » 
 

Oeuvre de Sylvie Sauvageon
Oeuvre de Sylvie Sauvageon
Le principe de Peter
/L.J.Peter et R. Hull (1969)
Un concentré de drôlerie et de critique pertinente qui montre « Comment chaque employé tend à s’élever à son niveau d’incompétence ». Ou comment gravir les échelons jusqu’au niveau pour lequel on n’est pas compétent ; c’est alors le moment d’empêcher les autres (peut-être plus compétents que soi) d’atteindre ce niveau. Un extrait de la 4° de couverture : 
« Approchez Homo Sapiens ! Ce livre vous fera hurler de rire ! Faites la connaissance d’une famille préhistorique : Edouard, le père, génial inventeur qui va changer la face du monde en ramenant le feu ; Vania, l’oncle réac, ennemi du progrès ; Ernest, le narrateur, un tantinet benêt ; Edwige, Griselda et autres ravissantes donzelles … Ces êtres délicieux font le monde autour d’un feu en dégustant des os à moelle. Regardez-les découvrir l’amour, s’essayer à la drague, se battre avec l’évolution … »
Le décalage historique permet de transposer avec humour nombre de situations et de problématiques actuelles. Pour jeunes et adultes (180 pages en édition de poche).
 
Le monde selon Garp
/John Irving
Pas de résumé possible pour ce livre hors normes (600 pages en édition de poche). Quelques extraits de critiques figurant en 4° de couverture :
« Chaque génération a son livre. Le monde selon Garp de John Irving pourrait bien être pour les enfants de la crise (celle des années 70/80) l’équivalent de L’Attrape-cœurs de Salinger pour ceux des années cinquante ... »
« C’est peut-être cela un grand livre … »
Du même auteur L’œuvre de Dieu , la Part du diable.
 
Je, François Villon
/Jean Teulé (2006)
Souffrance, tortures, violence, bassesses, poésie… Tous les ingrédients d’un best seller… Mais il s’agit de la vie de François Villon, poète, né peut-être, le jour où Jeanne d’Arc est morte. Le lecteur est brinquebalé de la plus extrême délicatesse poétique aux actions les plus basses et les plus violentes. La véritable aventure d’une vie.
 
La gratuité ne vaut plus rien
/Denis Guedj (1997)
Ce recueil de chroniques parues dans le journal Libération aurait presque la prétention de faire des mathématiques une science (qu’elles ne sont pas) humaine. Partant d’un fait d’actualité, d’un propos, l’auteur tire le fil de la réflexion vers les mathématiques, passe par la linguistique, la philosophie … Les lecteurs réfractaires aux maths risquent soit d’être perdus, soit de se réconcilier avec elles grâce à cette approche très originale.
Les deux pages d’introduction intitulées « La pensée hypothétique » valent à elles seules le détour.
À signaler, entre autres, Le Théorème du perroquet, du même auteur. L’histoire des mathématiques mise en roman.
 
Rien ne va plus
/Douglas Kennedy
À recommander comme tous les livres de l’auteur. Toujours un moment de lecture agréable, avec toutes les composantes d’un bon bouquin et un petit quelque chose de plus, peut-être une sorte d’intelligence de la vie.
 
Artemisia
/Alexandra Lapierre
La vie d’Artemisia Gentileschi, jeune femme peintre du début du 17° siècle. Elle se bat dans l’atelier de son père et contre celui-ci pour faire admettre et reconnaître son art. Biographie et roman historique qui restitue la vie italienne de l’époque. De l’aventure, de la force et du caractère au service de l’art et de ce roman.
 
Le choix de Sophie
/William Styron (1979)
Fait partie des livres dont l’intérêt dépasse de loin l’histoire qu’ils racontent. Touche à des choses essentielles en l’Homme (comme les autres livres de Styron). On mettra sur le même plan Le bûcher des vanités de Tom Wolfe (1987) et Le maître des
illusions
 de Donna Tartt (1992).
 
L’élégance du hérisson
/Muriel Barbery
Une concierge érudite et philosophe mais qui ne veut pas que ça se sache. Une pré ado surdouée qui cherche un sens à la vie. Une
rencontre « improbable », comme on dirait de nos jours. De l’humour et de la réflexion. Que demander de plus ?
 
Le grand cahier
/Agota Kristoff (1986) (1° tome de la « Trilogie des jumeaux)
« Un roman magnifique sur le déracinement, la séparation, l’identité perdue et les destins brisés dans l’étau totalitaire. »
L’Express
Une lecture parfois très dure et crue ; pas juste le petit machin pour passer le temps.

Les fourmis
/Bernard Werber (1991)
Là encore, le 1° tome d’une trilogie. Comme pour Agota Kristoff, les tomes suivants sont à la hauteur. Histoire croisée d’humains et de fourmis. Science, polar, aventure, réflexion, découverte, imagination. Tout est au rendez-vous.
 
Kafka sur le rivage
/Haruki Murakami
Critique extraite du site Babelio « Magique, hypnotique, Kafka sur le rivage est un roman d'initiation où se déploient, avec une grâce infinie et une imagination stupéfiante, toute la profondeur et la richesse de Haruki Murakami. Une œuvre majeure, qui s'inscrit parmi les plus grands romans d'apprentissage de la littérature universelle. »
  Il semblerait qu’on puisse écrire la même chose de tous les livres de cet auteur, dont l’idée-même d’en établir un résumé est mission impossible. Sachez simplement que dans celui-ci, il pleut des poissons.
 

Délirant.
  Un extrait de Noam Chomsky, que l’auteur cite en introduction, donne une idée de la démarche :
« La première chose qu’il faut faire, c’est prendre soin de votre cerveau. La deuxième est de vous extraire de tout ce système [d’endoctrinement]…Si nous avions un vrai système d’éducation, on y donnerait des cours d’autodéfense intellectuelle. »
 
Le cercle des menteurs 
/Jean-Claude Carrière
Plus de 400 pages en édition de poche pour amuser, distraire, faire réfléchir à la notion de sagesse à travers histoires et contes provenant de différentes cultures.
Jean-Claude Carrière a aussi écrit avec Guy Bechtel un Dictionnaire de la Bêtise qui vaut le détour et le Dictionnaire des révélations dans un article duquel les auteurs s’inquiètent du nombre de corps laissés sans cerveaux à cause de la fuite de ceux-ci à l’étranger.
 
Tous les romans  
/David Lodge
Humour, esprit critique, regard rétrospectif sur la société anglaise, les relations humaines, amoureuses, conjugales, morales, professionnelles bien embarrassées pour des lecteurs qui peuvent apprécier la liberté d’aujourd’hui.
 
La Dame de Berlin  
/Franck et Vautrin
Premier roman, paru en 1987, d’une série de  huit livres qui se termine en 2009 avec La Dame de Jérusalem. Écrites à quatre mains, ces histoires mènent le reporter photographe Boro de l’Allemagne hitlérienne au Front Populaire, à la guerre d’Espagne et au cœur de tous les grands événements du 20° siècle. Le principe en était simple, l’auteur qui avait le manuscrit en mains plaçait le héros dans une situation inextricable dont devait le sortir son partenaire écrivain. A la clé, des aventures, de nombreux rebondissements et l’Histoire revue sous un angle non officiel.
 
Histoires pressées  
/Bernard Friot
Ce petit recueil d’histoires courtes peut se lire à partir de huit ans et au-delà de 80. Humour, tendresse, drôlerie, sens de l’observation. A lire à petites doses ou d’un seul coup
Ces Histoires pressées ont été suivies de trois autres titres sur le même principe.
 
Dune  
/Franck Herbert (1965)
Classé en SF, Dune (et les titres qui suivent) dépasse de très loin une simple catégorie littéraire et constitue une œuvre véritable et complète associant aventures, religion, philosophie, politique, sociologie dont l’ensemble constitue un récit passionnant.
  Témoignage sur Auschwitz. Pour ne pas oublier…
 
Cent ans de solitude  
/Gabriel Garcia Marquez
Ce roman se serait vendu à 30 000 000 d’exemplaires. La quantité n’est pas toujours preuve de qualité. Ici oui.
  Réécriture du mythe de Robinson Crusoé. Réflexion sur la civilisation matérialiste, leçon de philosophie quotidienne, de poésie et de fraternité. La littérature devient indispensable quand elle formule très simplement les notions les plus grandes.
 
Le quatuor d’Alexandrie  
/Lawrence Durrell
Quatre tomes pour quatre récits de la même histoire vécues par quatre protagonistes. Un extrait de la préface  de Daniel Ducharme, édition La Pochothèque :
« Je viens de résumer une œuvre qui, dans les faits, ne se résume pas, notamment en raison de l'absence de linéarité du récit, C'est d'ailleurs ce qui rend la lecture du Quatuor d'Alexandrie si difficile. Le style de Lawrence Durrell est foisonnant, assez déroutant parfois, mais le lecteur assidu s'y laisse vite envoûter car l'auteur nous entraîne là où il veut, maîtrisant à la perfection le destin de ses personnages. Dans ce récit en boucle, les personnages sont uniques et multiples, comme une marguerite dans un champ de marguerites, d'où leurs différents points de vue sur des événements vécus par chacun d'eux. Le Quatuor d'Alexandrie reconstitue une parcelle d'existence qui, comme la vie elle-même, ne peut être comprise qu'à partir d'un kaléidoscope, laissant apparaître du même coup la fragilité de toute vérité. »
Une somme, pour bons lecteurs. Un somme pour les autres ?
 
84 Charing Cross Road  
/Helene Hanff
Recueil de lettres échangées entre l’auteur, américaine, et l’un des employés d’une librairie londonienne spécialisée dans les livres  dont l’édition est épuisée. Peu à peu la qualité des échanges évolue. Beaucoup de finesse, de sensibilité.
A signaler parmi les romans épistolaires un autre titre Inconnu à cette adresse de Kressmann Taylor. La qualité d’un livre ne se juge pas au poids. Celui-ci, très court, est un vrai bijou. La correspondance de deux amis dont l’arrivée d’Hitler au pouvoir va modifier les relations.
   Ce livre est au programme de 3° des collèges ; ce qui prouve que les lectures scolaires peuvent être passionnantes. Voici le texte qui présente ce titre sur le site Babelio :
« Dans une petite ville d'Alabama, à l'époque de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Avocat intègre et rigoureux, il est commis d'office pour défendre un Noir accusé d'avoir violé une Blanche.
Ce bref résumé peut expliquer pourquoi ce livre, publié en 1960 – au coeur de la lutte pour les droits civiques des Noirs aux États-Unis –, a connu un tel succès. Mais comment est-il devenu un livre culte dans le monde entier ? 
C'est que, tout en situant son sujet en Alabama dans les années1930, Harper Lee a écrit un roman universel sur l'enfance. Racontée par Scout avec beaucoup de drôlerie, cette histoire tient du conte, de la court story américaine et du roman initiatique.
Couronné par le prix Pulitzer en 1961, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur s'est vendu à plus de 30 millions d'exemplaires dans le monde entier. »
   Roman universel, drôlerie, conte, roman initiatique : tout est dit.
 
Tous les livres
/Mario Rigoni Stern  
Un extrait de Télérama (eh oui !) pour présenter très succinctement cet auteur qui sait aussi porter un regard d’une douceur infinie sur la nature :  « Vous écrivez ne pas éprouver de chagrin mais de la tristesse. Quelles nuances y mettez-vous ?
Si je perds le souvenir d'un ami, cela devient de la tristesse. Lorsque ma mère est morte, je n'ai pas eu de chagrin, je ne l'avais pas perdue, elle était là, en moi, dans ma mémoire. Lorsque Primo Levi s'est suicidé, j'ai beaucoup pleuré. Sa mort était choquante, elle signifiait : « Je me détache de tout, de tous. » Je trouvais cela injuste. On n'a pas le droit de se taire, ne serait-ce qu'au nom des compagnons morts. Les horreurs que l'on ne dénonce pas peuvent recommencer.

Pensez-vous que la littérature puisse sauver les hommes ?
Les livres n'empêchent pas la barbarie, mais aident à vivre. Quand j'étais soldat, j'ai jeté mon masque à gaz de ma musette pour ne garder que mes grenades et La Divine Comédie. Je l'ai emmenée sur tous les fronts. Je l'ai perdue à Stalingrad... En Europe, le temps des dictateurs, genre Hitler ou Mussolini, est révolu. Mais il y a toujours des nationalistes. Aujourd'hui, les multinationales et les médias sont les nouveaux dictateurs. Ils se sont substitués au fascisme. On doit éteindre la télé et ouvrir les livres. C'est notre seul rempart contre la bêtise. »
 

Confiné dans la lecture
Livre très court mais très dense. 
« Certes, le nombre de ceux qui paraissent naturellement dotés du talent de fabriquer leur enfer personnel peut passer pour relativement élevé. Mais plus nombreux encore sont ceux qui, à cet égard, ont besoin d’aide et d’encouragement : c’est à eux que ce petit livre est dédié, dans l’espoir qu’il guidera leurs premiers pas après les avoir initiés. »
Le ton est donné !
Quelques titres de chapitres pour confirmer : 
« Si tu m’aimais vraiment, tu aimerais l’ail / Sois spontané ! / Pourquoi m’aimerait-on ? ... »
Parmi les autres livres de ce membre fondateur de l’Ecole de Palo Alto La réalité de la réalité vaut déjà par le titre qui remet à leur place celles et ceux qui assènent qu’il faut « voir la réalité en face ».
Si la posologie n’est pas suffisante, compléter le traitement avec Comment rater complètement sa vie de Dominique Noguez et Les 160 lois de Chalvin (comment échouer à coup sûr dans sa vie professionnelle) de Dominique Chalvin.
 
L’écho des cavernes
(ou comment l’homme de cro-magnon a inventé la grammaire)
/Pierre Davy
Roman (?) génial qui même l’humour à la linguistique et à la grammaire. Ce livre devrait être lu et étudié dans toutes les classes de collège (voire avant). Il peut faire le bonheur des plus jeunes commes des lecteurs les plus exigeants.
Un extrait de la 4° de couverture : 
« Alors Sapiens s’avança au premier rang des siens et cria :
- Quamarad !
L’ennemi croyant à une invective nouvelle, hurla de plus belle. Il insista :
- Quamarad, moi-je pas la trouille de toi.
Il se rendit instantanément compte que quelque chose n’allait pas, et que cela n’éatait pas uniquement dû au fait qu’en réalité il crevait de peur. Il y avait une défaillance dans son système pronominal, il le savait bien. »

 Rouge, Vert, Bleu, Noir, Le petit livre des couleurs
/Michel Pastoureau  
Rouge, Vert, Bleu, Noir, Le petit livre des couleurs, et tous les livres de Michel Pastoureau qui permettent de s’instruire, de côtoyer son érudition en s’amusant à la lecture d’œuvres à la fois intelligentes et simples, travaux de vulgarisation au meilleur sens du terme. De quoi faire pétiller les neurones.
Michel Pastoureau retrace l’histoire des couleurs, les modes, les significations, la symbolique … 

La sottise ?  
(Vingt-huit siècles qu’on en parle)
/Lucien Jerphagnon
Peu de temps avant de disparaître, le philosophe Lucien Jerphagnon consacrait en 2010 un recueil de citations à la sottise, La sottise ? (Vingt-huit siècles qu’on en parle). Dans Stupidity, Avital Ronell, d’une autre manière, traite le même thème… qui semble ainsi d’actualité à toutes les époques.
Vaste sujet qui revêt bien des facettes. S’y intéresser, n’est-ce pas tenter de se rassurer sur sa propre intelligence, son bon sens personnel ? Lucien Jerphagnon écrit d’ailleurs dans son avant-propos :
« Consacrer un livre à la sottise expose de toute évidence l’auteur à quelques sarcasmes universitaires.»
On lui appliquera, c’est sûr, le mot de Talleyrand à propos du mépris que Fouché disait vouer à la nature humaine :
« C’est qu’il se sera beaucoup observé … »
Robert Musil écrivait prudemment dans De la bêtise  :
« … Quiconque veut parler de la bêtise ou tirer quelque profit de tels propos doit partir de l’hypothèse qu’il n’est pas bête lui-même ; c’est-à-dire proclamer qu’il se juge intelligent, bien que cela passe généralement pour une marque de bêtise ! »
Sur le même thème :
Les lois fondamentales de la stupidité humaine  /Carlo M. Cipolla
Dictionnaire de la bêtise  /J-C Carrière et Guy Bechtel
Comment j’ai mangé mon estomac  /Jacques-André Bertrand
Et aussi Clément Rosset, Barthes, Nietzsche, Charles Pépin…
 
De la conversation  
/Theodore Zeldin
« La conversation ne se réduit pas à transmettre des informations ou à partager des émotions, ni à mettre des idées dans la tête des gens…Lorsque des esprits se rencontrent, ils ne se limitent pas à échanger des faits : ils les transforment, les remodèlent et en tirent d’autres implications, se lancent dans de nouvelles directions. La conversation ne se contente pas de battre les cartes : elle en crée de nouvelles…de la rencontre entre deux esprits naît une étincelle…. »
Nous pouvons vraiment faire confiance à un spécialiste comme Zeldin puisqu’il écrit dans un autre de ses livres : 
« … j’ai eu besoin de la France pour comprendre le concept de l’art de vivre. »
Lecture indispensable à une époque où on communique, où on échange, où on revient vers quelqu’un pour un supplément d’informations, où on pratique la langue de bois souvent cloutée et très chargée.
 
Pensées à moi-même  (aux éditions Mille Et Une Nuits)
/Marc Aurèle
Le Marc Aurèle que vous avez vu dans le film Gladiator écrit :
« Que de temps gagne l’homme indifférent aux paroles, aux actions et aux pensées du voisin ! Il ne se soucie que de sa propre conduite, pour la rendre juste et pieuse. Car l’honnête homme doit, non pas épier les moeurs d’autrui, mais courir vers la ligne, tout droit, sans obliquer. »
«  Il n’arrive à personne rien qu’il ne soit dans sa nature de supporter. Il arrive à un autre la même chose qu’à toi et, soit ignorance du fait, soit pour montrer de la grandeur d’âme, il tient ferme, il reste indompté. Quelle indignité ! L’ignorance et la gloriole obtiennent plus que la sagesse ! »
« Veille à ne jamais traiter les ennemis de l’humanité comme les ennemis de l’humanité traitent les hommes. »
 
Histoires de peintures  
/Daniel Arasse
Quand l’érudition se fait simple, vivante pour transmettre une vision personnelle et passionnée de la peinture. Une approche quasi policière. « Daniel Arasse enquête » et vous emmène avec lui parmi les chefs d’œuvre de la peinture.
  Excellent livre de cuisine qui permet de (re)découvrir les meilleures recettes des régions de France. Quand on nous parle des valeurs, des fondamentaux, ne pas oublier ce que représentent la gastronomie française, les produits, le terroir. Certains les mettent en avant dans un but commercial, ils participent cependant de la culture, de l’identité françaises. Les connaître et les apprécier permet de s’ouvrir aux apports venues d’ailleurs en connaisseur.
  Recueil de textes dont quelques titres donnent une idée :
« Comment acheter des gadgets, Comment démentir un démenti, Comment ne pas parler de foot, Comment répondre à la question " Comment ça va ? " »
 Dans le texte Projet pour une université d’insignifiance comparée Umberto Eco s’amuse à inventer des disciplines universitaires. Le département de tétrapilectomie (art de couper les cheveux en quatre) sera composé de l’hydrogrammatologie (techniques de l’écriture sur des surfaces hydriques), la luthomiction (art de pisser dans un violon), la pyropygie (technique de mettre le feu aux fesses d’autrui), la sodomokinésie (art d’aller se faire voir chez les Grecs) ...
 
Les bâtards de Voltaire 
/John Saul (1992)
Tout y était déjà. Excellente analyse qui semble prémonitoire 25 ans plus tard. Quelques phrases tirée de la 4° de couverture :
« A travers tout le monde occidental, nous ne cessons de prôner la liberté individuelle, et pourtant on n’y a jamais connu une telle incitation au conformisme. Les responsables du monde des affaires se considèrent comme des capitalistes, et pourtant ils ne sont généralement que les cadres supérieurs de grandes entreprises ou des spéculateurs astucieux. Nous sommes  obsédés par le rôle que la compétition doit jouer  dans une économie libérale, et pourtant le secteur dominant du commerce international demeure celui des armements, largement subventionné par les Etats. Nous affirmons que nos régimes sont démocratiques, et pourtant nous ne participons guère à la vie politique ... »
John Saul dénonce la « raison » que nos systèmes mettent en avant et qui n’est plus que le paravent administratif d’un système livré à des experts.
 
188 contes à régler 
/Jacques Sternberg
Deux de ces contes parmi les plus courts : 
« La dissension :
Leurs légendaires malentendus et leurs ressentiments n’avaient fait que s’amplifier, mais la panique gagna vraiment le monde des hommes quand ils apprirent que les femmes avaient la bombe atomique. »
« Le végétal :
Quand les carottes pensantes venues du fond des lointaines galaxies virent pour la première fois des êtres humains de la Terre où elles venaient de débarquer, elles notèrent, stupéfaites : " Ce sont des légumes évolués. " »
  


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Paul Rassat
Auteur, Rédacteur et Reporter chez Move-On Magazine. En savoir plus sur cet auteur


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