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Anne le Bellec dessine, peint, devient Albert, roi, reine…


Quand le processus de création relève du lâcher prise et flirte avec les Shadoks


| Publié le Samedi 16 Novembre 2019 |

Le dessin et la peinture sont une passion personnelle mais qui te conduisent à exposer, comme ce weekend au salon ID’D’art. (15/17 novembre. Espace Rencontre. Annecy-le-Vieux)
C’est depuis très longtemps une passion et  la quarantaine venant il est essentiel de lui accorder du temps.

C’est donc une activité qui se développe de plus en plus.
Qui prend de plus en plus de temps, de « place » et autour de laquelle je me recentre même aux dépens d’autres activités.
Ma famille est très portée vers les arts…

D’ habitude on se démarque, tu aurais dû faire du sport !
Mon père est musicien, ma mère a une passion pour le tissage, parmi mes oncles et tantes il y a des artistes, des maîtres verriers, des peintres…qui ont travaillé avec des grands comme Chagall. Ce milieu donne un état d’esprit favorable à tout ce qui relève de la culture. J’aimais bien dessiner déjà toute petite et je voyais que ça plaisait autour de moi, qu’on m’y encourageait. Plus tard ma tentative aux Beaux Arts a échoué et j’ai pensé que c’était un échec définitif, même si j’ai été graphiste après des études en arts appliqués à l’école Estienne. J’ai eu de plus en plus de responsabilités, comme cheffe de projets, ce qui m’a éloignée d’autant de ma passion de départ.
 

Il y a tout de même un point commun, le regard, la manière de voir.
Oui mais très cadrée, ordonnée dans ma profession, même si je travaille avec des graphistes. J’ai besoin de plus en plus d’exprimer l’autre partie plus originale de mon cerveau.

D’être au centre de ton projet plutôt qu’au service des projets des autres.
C’est ce qui me permet de me vider la tête parce que je laisse ma main agir seule.

Avec quelques objectifs, comme la participation à ID D’art ?
Ce sont des repères qui créent des obligations, qui fixent un cap, qui favorisent la rencontre des gens.

Quelles sont tes sources d’inspiration ?
Mon dieu est Saul Steinberg pour l’économie du trait : presque rien, quelques lignes qui font vivre la poésie, l’humour, la force de langage. Un bonhomme autoritaire apparaît avec quelques lignes au stylo plume, un gamin qui part dans tous les sens grâce aux crayons de couleurs. Rien n’est lourd, chaque trait est pesé, pertinent, intelligent.
J’imagine que ça demande beaucoup de déchets, d’expérimentations ratées et ça renvoie aux Shadoks  « Plus ça rate et plus on a de chances que ça marche ».
Je ne renie pas ce que je rate parce que ça fait partie du chemin.
 

Qu’est-ce qui fait que tu décides que c’est réussi ?
Une peinture de paysage, par exemple, doit être équilibrée ; c’est un peu comme quand on regarde une affiche en graphisme. On se dit « Ça marche ! ou Ça ne marche pas ! » Équilibre des couleurs, des formes, c’est difficile à expliquer mais ça se voit et ça se ressent.
Un travail réussi t’apaise grâce à la cohérence de forme, voire à la cohérence dans l’incohérence.
S’il s’agit d’un dessin avec Albert, mon personnage récurrent, ça marche quand il me fait sourire, même s’il n’y a rien à comprendre.

Il est possible de comprendre sans que ce soit rationnel.
S’il y a une connivence poétique, humoristique avec la personne qui regarde. Qui peut venir de la connivence que j’ai avec Albert. Ce personnage, c’est moi. Un ami m’a dit d’en faire une BD, de montrer sa vie de merde…alors que pour moi c’est tout le contraire. Il me plaît parce qu’il ne ressemble pas à grand chose avec ses pulls élimés, son chien qui a la même tête que lui. On a l’impression qu’ils promènent leur ennui, mais pour moi, malgré son apparence banale, Albert a un univers…Je l’ai dessiné en train de lire un livre duquel s’échappent des couleurs, des formes qui submergent son aspect quelconque.
 

Tu es d’une certaine manière une Mme Albert avec d’un côté le boulot et de l’autre la création, la fantaisie.
Mme Albert et son chien ! « Albert » parce que je voulais un nom un peu franchouillard, parce qu’il y a des Albert que j’aime bien et que mes initiales sont ALB. Quand je laisse tomber Albert, on me demande ce qu’il devient, quand il revient. Je crois vraiment que c’est lui qui est venu à moi. Je ne l’ai pas inventé, je n’ai pas cherché à le créer.
Au fond, ce qui me plaît quand je dessine ou quand je peins, c’est que je décroche, j’essaie de ne rien vouloir. Je regardais hier une leçon de Joann Sfar qui papotait, papotait et expliquait que le fait de parler l’empêchait de réfléchir à ce qu’il faisait. Mon dessin est bien quand je n’y réfléchis pas.
Hé hé ! Mme et M. Albert rejoignent les considérations de Jean-François Billeter lorsqu’il écrit « L’observation nous apprend que ce n’est pas la conscience qui pense, mais le corps. » Et de citer Lichtenberg « On ne devrait pas dire : je pense, mais cela (le corps) pense ».
Et quand cela pense, la liberté résulte de l’accord profond de la tête et du corps mus par la même nécessité intérieure.

Merci Albert !
 

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