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12 RUE ROYALE / Les sept défis gourmands


#Interview
Cet album de Richez & Efix, paru en 2015 aux éditions Bamboo, constitue un hommage à la gastronomie en général, lyonnaise en particulier, à la cuisine de Mathieu Viannay plus précisément.
Un voyage dans l’Histoire sociale, dans celle de la cuisine avec détour sentimental et culturel via la Mère Brazier.


| Publié le Lundi 20 Janvier 2020 | |

12 RUE ROYALE / Les sept défis gourmands - Éditions Bamboo
12 RUE ROYALE / Les sept défis gourmands - Éditions Bamboo
Le grand intérêt de cette BD est qu’elle nous plonge au cœur de la cuisine créative sans sombrer dans le récit ni dans une narration énumérative qui serait paraphrase permanente et n’engendrerait que de la frustration faute de pouvoir faire entrer le lecteur au cœur des sensations et des émotions.
Par l’inventivité des métaphores, par la poésie, par l’humour et la dynamique du scénario, Richez nous transporte dans un univers qu’incarne parfaitement le dessin d’Efix, jusque dans le rendu capillaire nerveux et dansant du chef Mathieu Viannay qui, au cours de ce voyage gastronomique et initiatique, doit relever sept défis.
Sept comme les péchés capitaux, comme les merveilles du monde, les couleurs de l’arc-en-ciel, comme les cieux qui mènent au paradis, à la perfection.
Ces sept étapes constituent une initiation qui transformerait, par exemple, la gourmandise, ou le simple fait de se nourrir, en une gastronomie capiteuse qui, étymologiquement, excite les sens en prenant la tête, au meilleur sens du terme.
Au travers de ces défis lancés à Mathieu Viannay se dessine une possible définition de la grande cuisine qui apporte le bonheur, engendre le partage, fait naître la séduction, bouleverse les normes, revoit les hiérarchies, pianote avec virtuosité sur les touches de notre mémoire jusqu’à en faire le moteur qui nous anime. On pense à la madeleine de Proust (qui était au départ, paraît-il , une biscotte !), au "Festin de Babette"…
 
Belle initiation sensorielle et philosophique qui vise à nous dépouiller de l’orgueil, de la vanité, de l’amour propre qui nous entraînent vers de fausses épreuves car le véritable défi nous est intérieur.
Comme la grande cuisine, il vient du fond, du plus intime de nous-mêmes.
 

Hervé Richez ©dr
Hervé Richez ©dr

Hervé Richez, scénariste de « 12 Rue Royale », découvre avec nous quelques unes de ses recettes d’écriture.

Hervé, d’où vient cette BD ? Comment est-elle née ?
Un ami directeur commercial rencontre Mathieu Viannay et quelques uns de ses copains qui parlent de leur métier. Puisque cet ami travaille dans le milieu de la BD, l’idée naît naturellement.
Ils ont pensé à moi parce que j’avais déjà œuvré dans le domaine gustatif en participant à l’écriture de "Un grand bourgogne oublié" La proximité entre le vin et la gastronomie a joué.
Je suis gourmand mais ce qui m’intéresse particulièrement dans la gastronomie est son aspect éphémère. Les artistes ont pour vocation de laisser une trace et, si la cuisine est une forme d’expression artistique, elle est éphémère, je le répète. La disparition d’un cuisinier entraîne plus ou moins celle de sa cuisine.
Cet album était aussi l’opportunité de travailler avec Efix, un copain d’origine polonaise qui habite à Lyon. Finalement ce bouquin est une affaire de rencontres.

Votre scénario est vraiment imaginatif, vous ne décrivez pas la cuisine de Vianney.
Oui, tout est pure invention. J’ai quand même un peu travaillé avec Mathieu Viannay sur les associations de produits, de saveurs…

Ce qui vous a permis de goûter abondamment à sa cuisine ?
Non. C’est le seul drame…

Alors la frustration engendre la créativité.
J’ai dégusté une seule fois le petit menu du midi. On n’a jamais eu l’occasion de faire le casse-croûte prévu.
J’ai vu Mathieu Viannay à trois reprises pour des séances de 9 heures à midi.

Des séances, c’est-à-dire ?
On travaillait dans son bureau. Comme j’étais parti sur ce principe de défis culinaires destinés à guérir quelqu’un, j’arrivais avec mes questions concernant chacun de ces défis dans le but de trouver les associations culinaires appropriées. Sachant que chaque défi comportait ses chausse-trappes comme créer un souvenir pour une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer.
Ma proximité avec Sébastien Grospellier qui est installé à La Table de Chaintré, près de Mâcon, m’a inspiré pour « 12 Rue Royale ». C’est en faisant son marché le mardi matin très tôt à Lyon qu’il élabore sa carte, en découvrant les ingrédients qui composeront ses plats.

Je me demande toujours comment il fait pour savoir ce que donneront les associations de saveurs. Il crée ses plats en achetant ses ingrédient ! Je suis donc parti de cette idée valable aussi pour Mathieu : ce sont des compositeurs, comme pour la musique.

Ou comme les « nez » pour la création de parfums. Avec votre démarche, c’est tout un art de vivre que vous évoquez. On part des sensations, des émotions pour aller vers les sentiments… vous cuisinez avec les mots et ce qu’ils disent.
Je ne sais pas bien cuisiner mais je suis un grand amateur de vin, ce scénario m’a permis de combiner tout ce que j’aime, créer des moments, créer des émotions, souligner cette dimension artistique qu’on retrouve chez les chefs. Je suis parti de cet antagonisme avec son voisin…

Qui permet à votre chef de se révéler totalement. Vous mettez en avant la créativité, elle est très bien rendue aussi par le mouvement qui anime les dessins.
Efix, le dessinateur, a assisté à beaucoup de services à partir de la cuisine, le midi ou le soir. Une brigade au travail ressemble un peu à un cyclone, avec de gros tempéraments dans l’équipe. L’énergie du dessin d’Efix permet de retranscrire cette dimension.
Nous avons décidé aussi de réserver la couleur aux associations, pour les faire ressortir. Malheureusement il est impossible de retranscrire le goût et les odeurs.

Il faut que le lecteur fasse preuve d’un peu d’imagination. Sur quoi travaillez-vous actuellement.
Je réalise pas mal de BD humoristiques. On vient de terminer un album sur les voitures anciennes. Je travaille sur un projet que j’aime particulièrement, « Le canonnier de la Tour Eiffel ». Avec un copain scénariste on évoque l’histoire de ce canonnier qui a œuvré entre 1900 et 1907. Chaque jour, il donnait un coup de canon pour dire aux Parisiens « Il est midi. »

« Vous pouvez aller manger ! » C’est le lien avec Mathieu Vianney ?
C’est pour cette raison qu’on dit « On se retrouve sur le coup de midi. » Je viens aussi de terminer le 3° tome de « Un grand Bourgogne oublié. » Il y est question de Napoléon et des grands Madère.

 

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Paul Rassat
Auteur, Rédacteur et Reporter chez Move-On Magazine. En savoir plus sur cet auteur


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