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Ma Loute, un sacré carnaval


Vu au cinéma Les Nemours à Annecy


| Rédigé le Dimanche 15 Mai 2016 |

Ma Loute : Photo Fabrice Luchini, Juliette Binoche, Valeria Bruni Tedeschi © Roger Arpajou
Ma Loute : Photo Fabrice Luchini, Juliette Binoche, Valeria Bruni Tedeschi © Roger Arpajou
Un garçon au nom de fille, une fille travestie en garçon, une maison à l’architecture égyptienne posée sur une plage du Pas-de-Calais, des naturistes, un ou plusieurs incestes, de la consanguinité assumée accompagnant naturellement la vision capitaliste de la société, des disparus, des manières bourgeoises plaquées sur la folie, des gens transformés en viande, une enquête menée par une équipe version Laurel et Hardy, un monde contrefait, autiste… un film accompagné uniquement par le bruit du vent et celui des pas du commissaire , plus proche de l’éléphant de mer que de l’habituelle finesse enquêtrice. Un monde burlesque dans lequel même la diction des personnages est déformée par le vent ou l’atavisme.

   Des bourgeois ou des miséreux, quels sont les plus monstrueux ?

Film inclassable mais qui vient à point pour annoncer l’oeuvre vidéo projetée bientôt aux Haras d’Annecy et l’exposition Laguionie déjà visible au château d'Annecy. Il y est question de ce courant culturel que constitue le carnaval et qui traverse l’Europe depuis des siècles, de Rabelais, à Flaubert, de Maupassant à Hugo…
Inversion des valeurs, masques, défilés, violence, recherche d’identité… tout y est !

La prise de vue accentue à souhait l’aspect caricatural des personnages incarnés, entre autres par Fabrice Luchini, excellent quand il ne fait pas du Luchini, Juliette Binoche en ravissante autruche à la fin du film et Valeria Bruni Tedeschi parfaite tout du long.

Film philosophiquement burlesque comme le montrent les extraits de dialogues qui suivent
«  - Qu’est-ce que tu regardes ?
_ Je regarde où tu vis. C’est beau.
_ Ben, c’est normal. »

Ou bien ce sermon « Pêchez en paix mes enfants, morues et maquereaux à profusion ».

On pourrait aussi résumer ce film ainsi : des groupes sociaux et professionnels qui se croisent sans pouvoir se rencontrer, chacun figé dans son absurdité que souligne le recours à une formule anglaise toute faite pour meubler le silence, le vide qui sépare ces mondes.


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Paul Rassat
Rédacteur et Reporter chez Move-On Magazine En savoir plus sur cet auteur

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