Quand Éros débarque sur Mars, les basses grondent et la philosophie se meut en stand up : une soirée revigorante en compagnie de quatre astucieuses chercheuses.
Quand Éros débarque sur Mars, les basses grondent et la philosophie se meut en stand up : une soirée revigorante en compagnie de quatre astucieuses chercheuses.
Quand Éros débarque sur Mars, les basses grondent et la philosophie se meut en stand up : une soirée revigorante en compagnie de quatre astucieuses chercheuses.
Laélia Véron : « Le pouvoir de séduction de l’ironie : entre libération et fascination »
L’humour et l’ironie séduisent. Vous avez peut-être coché la case « sens de l’humour » en décrivant votre profil sur une appli de rencontre. Vous avez bien vu l’effet d’une petite phrase ironique lancée par un politique à son adversaire et reprise dans tous les médias. Vous avez peut-être ressenti une grande admiration vis-à-vis de certains humoristes. Mais le pouvoir de séduction de l’ironie n’est pas nouveau ! Dans l’Antiquité, le jeune, beau et prometteur Alcibiade était déjà fasciné par Socrate certes vieux, laid, et pauvre, mais expert dans l’art de la parole ironique. Or la parole de Socrate avait un double effet sur Alcibiade : elle le libérait et l’aliénait tout à la fois, c’était une parole critique qui lui permettait de remettre en cause les normes de la Cité, mais pour mieux le livrer au pouvoir charismatique de Socrate.
L’ironie peut nous faire rire et réfléchir, elle remet en cause notre tendance à adhérer sans réfléchir aux discours en vogue. Mais elle est aussi une parole d'esquive, qui rechigne à fixer un contenu et qui refuse de prendre parti. Jusqu’où peut aller le pouvoir de séduction de l’ironie ? Peut-il devenir politique ?
Myriam Bahaffou : « Éropolitiques »
À très vite pour découvrir les grandes lignes de cette proposition !
Juliette Roguet : « Désirer l’égalité, jouir dans l’inégalité ? »
On ne désire jamais dans le vide. Nos désirs prennent corps dans un monde profondément inégalitaire. Les rapports de pouvoir traversent nos émotions et ces dernières donnent au social la force de l’évidence. L’intime est le lieu où l’ordre social se naturalise jusque dans nos entrailles. Difficile de reconnaître l’histoire à l’œuvre dans l’intimité de la séduction.
Pendant huit ans, j’ai enquêté auprès des bricheros, des séducteurs de touristes au Pérou, et des gringas, les voyageuses occidentales qu’ils séduisent. Ces histoires traversées par de profondes inégalités offrent un laboratoire pour observer comment les rapports de genre, de classe et de race s’imbriquent et se renforcent dans l’hétérosexualité. Depuis les premiers émois de la romance jusqu’aux querelles sur la charge mentale.
Car séduire, se mettre en couple et faire des enfants ne sont pas seulement des affaires privées. C’est aussi là que les rapports sociaux deviennent de la chair. Là où l’ordre social se reproduit et peut-être se dissimule le mieux.
Alors, si nos relations les plus intimes participent à la reproduction des inégalités, comment désirer et jouir dans l’égalité ?
Raísa Inocêncio : « Ode à l'amour, ode à la fête : un hommage à mon pays Brésil »
À travers mon expérience vécue, située au Brésil, je vais parler du désir, de la fête du carnaval, et de la façon dont ma grand-mère m'a enseigné à être philosophe. Par-delà du bien et du mal, c'est un pays qui a vécu l'esclavage et la domination coloniale, et une fois par an, la démocratie se trouve ouverte précisément dans le carnaval comme fête commune. Le moment où tout le monde peut séduire, où tout le monde peut rêver, quelle que soit sa place sociale. Ma question porte donc moins sur la séduction elle-même que sur le désir : comme la scène inévitable où se joue le choix, et comme la source première de toute action qui construit un espace de soi, un espace qui héberge les fantasmes/la fantaisie et la réflexion sur l'accomplissement, ou non, de la séduction, du désir, du choix de vie. Il faut préciser que je pars de la séduction et du fantasme, qu'en portugais, les deux mots sont proches et se détachent : lorsqu'on entend fantasme on pense plutôt à fantôme, mais ce rapproche du désir on le traduit par fantasia (le fantasme comme ce qui est imaginaire et lié au désir, mais aussi le déguisement de carnaval). À la fin, je vais remercier aux ancêtres avec une histoire d'amour...