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Rencontre avec STÉPHANE TOURREAU, l'annécien apnéiste vice-champion du monde 2016


Comment plonger permet de faire émerger le meilleur de soi.

Début octobre 2016 à Kas en Turquie, Stéphane Tourreau a remporté son premier titre international de vice-champion du monde d'apnée en poids constant avec -103 mètres de profondeur. Et par la même occasion, le Français a également réalisé un nouveau record de France.


| Rédigé le Jeudi 10 Novembre 2016 |

Stéphane Tourreau @ Azur-Diving, William Rhamey's Underwater Photos
Stéphane Tourreau @ Azur-Diving, William Rhamey's Underwater Photos
Stéphane, pour les profanes l’apnée renvoie au film Le Grand Bleu. Est-ce que c’est une bonne référence ?
C’est une référence qui a permis de mettre cette activité en lumière, mais ça a bien changé depuis, bien qu’on lance toujours une ligne en profondeur pour pratiquer. La plongée en apnée regroupe plusieurs disciplines qui se caractérisent par le fait qu’on évolue par ses propres moyens. Deux disciplines sont hors compétition parce qu’elles se pratiquent avec un poids, un lest. Ce sont des disciplines de record.

Comment définiriez-vous l’apnée ?
C’est retenir son souffle pour se connecter à la fois à soi et à son environnement dans un milieu aquatique. C’est une discipline d’introspection, de découverte et en même temps d’approche du milieu aquatique de manière totalement libre, autonome. L’apnée permet une découverte du milieu marin et sur soi.

Qu’est-ce qu’on découvre sur soi ?
La prise de conscience de notre corps, du relâchement, la capacité de prendre conscience totalement de son corps, de savoir quand il faut le relâcher, comment. Plus on doit atteindre l’état d’économie à l’effort, plus on va entrer en introspection de façon à ralentir  au maximum le métabolisme afin d’être dans la plus grande adéquation possible avec le milieu aquatique.

On peut parler de méditation ?
Oui, la méditation et le corps peuvent y être réunis, ça dépend de la manière dont on pratique la plongée en apnée. Il est possible d’observer le milieu marin, de jouer avec les poissons…

Stéphane Tourreau @Draz Photo
Stéphane Tourreau @Draz Photo
Il n’y a pas que le côté compétition.
Justement non, c’est d’ailleurs pour cette raison que cette activité est en plein boum. J’ai envie de développer cet aspect, de le rendre public.

D’où vos conférences, vos efforts pour vulgariser cette forme de plongée.
Tout le monde peut pratiquer l’apnée. Il y a des structures pour encadrer l’activité.

Dans un monde de plus en plus rapide et stressé ce que vous proposez peut être très utile.
D’autant plus que c’est une pratique efficace en matière d’énergie. Notre corps n’est pas que physique, il a aussi une dimension magnétique, liée aux énergies. L’apnée, la méditation nous obligent à nous connecter à cette dimension, à être beaucoup plus alertes sur ce qui se passe autour de nous en étant en état de pleine conscience, ce qui permet de dépasser nos stress et d’avoir une gestion émotionnelle deux fois plus efficace.

Il y a donc des conséquences sur la vie quotidienne.
Pour moi l’apnée a permis des changements sur l’aspect physique mais surtout sur l’aspect personnel. L’apnée m’a permis de me libérer de mon stress, de mes craintes, de mes incompréhensions.

Comment êtes-vous venu à l’apnée ?
En Corse, à l’âge de dix ans. J’y ai découvert la mer avec palmes, masque, tuba et l’envie d’aller chaque fois un peu plus loin. Un peu de chasse sous marine pendant les vacances. Les choses se sont enchaînées naturellement. Il y a eu ensuite l’idée de s’entraîner un peu avant les vacances pour être prêt à leur arrivée. Adolescent, j’ai commencé à pratiquer le lac Léman car j’étais alors du côté de Thonon. Faute de structures, j’ai abandonné un temps avant qu’on me propose, quand j’avais 18/19 ans, de former des gens sur Annecy et sur Cluses, le but étant de développer l’apnée dans le département. Quant à mon objectif, il était de lancer cette activité et de pouvoir aussi m’entraîner personnellement. Maintenant tout tourne, la discipline a vraiment pris dans la région.

Médaille de Stéphane Tourreau,vice-champion du monde en 2016, sur les bords du Lac d'Annecy
Médaille de Stéphane Tourreau,vice-champion du monde en 2016, sur les bords du Lac d'Annecy
Que diriez-vous aux gens, aux jeunes en particulier pour qu’ils se lancent ?
Addictif. C’est une discipline addictive qui apporte énormément de liberté, bien supérieure à n’importe quelle autre. Cette impression de détachement du reste permet de se retrouver totalement, d’être en adéquation parfaite avec soi, un peu comme avec la montagne sauf que là on est complètement dans l’élément. C’est aussi une approche en équipe. Les clubs commencent à être saturés, il ne faut donc pas hésiter à venir se former dans les structures professionnelles, faire des stages et y aller doucement, progressivement car il y a des choses à respecter ; d’où la nécessité d’un encadrement. Beaucoup de pistes sont susceptibles d’être explorées mais il ne faut pas se lancer seul.

Il est possible de débuter à quel âge ?
Sous forme de jeux, d’activités ludiques à partir de 10/12 ans, cela dépend des clubs. Les personnes âgées peuvent s’y mettre aussi. Le milieu aquatique leur permet de se libérer totalement, en apesanteur. Ce sport est adapté au corps à tout âge.

C’est une activité très individuelle et en même temps une approche d’équipe.
Oui, c’est très individuel mais avec un énorme esprit d’équipe. On s’entraide, on établit notre sécurité avec les autres apnéistes. Lors des plongées, chacun a une tache précise au sein d’une équipe, la sécurité, l’observation, l’organisation sur le bateau… on partage vraiment cette discipline de manière très forte, sur l’instant.

Comment conciliez-vous la dimension de découverte personnelle, presque une forme de sagesse, avec la compétition ?
C’est une compétition avec soi-même. Il s’agit de valider des performances personnelles sans rivalité avec les autres. J’ai pris conscience de cela il y a un an. On réalise les meilleures progressions lorsqu’on se détache de l’objectif. Sur un mondial, on valide par rapport à soi. C’est ce qui permet un état de confiance qui autorise la progression.

C’est le contraire de notre système scolaire qui pénalise, organise la compétition et le stress général.
Exactement. Nous marchons en général complètement à l’envers des lois de l’univers.

La conversation nous entraîne alors vers d’autres domaines comme la physique quantique, des réflexions sur le fonctionnement de nos sociétés….L’apnée ouvre bien des horizons !
 



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Paul Rassat
Rédacteur et Reporter chez Move-On Magazine En savoir plus sur cet auteur

        

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