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Rencontre avec Mickhaël Hers pour son film Ce sentiment de l’été


Rencontre passionnante (grâce aux cinémas Les Nemours et l’association Plan Large) avec Mickhaël Hers pour son film "Ce sentiment de l’été" qui sort sur les écrans le mercredi 17 mars 2016


| Rédigé le Lundi 15 Février 2016 |

Nous parlions du temps. Il est l’une des « matières premières de votre film, le temps du deuil, de l’évolution , de se retrouver…qui est marqué par le rythme des images, de la musique.
Le passage du temps est une thématique qui revient, pour moi, de manière quasi obsessionnelle. Dès que je me mets à écrire, ça tourne autour de ça, de l’absence, de la disparition…le passage du temps est le thème central du film.

Pour un public souvent à la recherche de rythme, d’effets spéciaux, ceci peut être désarçonnant alors que ces caractéristiques laissent aux spectateurs la possibilité d’entrer dans le film, d’accompagner les personnages.
Effectivement. Il peut se projeter dans des interstices, des espaces, il a de la place. Et puis je m’inspire du réel, de la vie davantage que du cinéma ; de la vie et de son rythme avec ses temps faibles. J’essaie de donner une poésie, une beauté à ces moments qui  sont nécessaires au vraisemblable.

Quand vous filmez des grandes villes déjà vues de nombreuses fois à l’écran, on a l’impression qu’elles n’existent que pour et par la présence de vos personnages.
J’attache de l’importance à ce que les lieux puissent être des personnages à part entière ; je pars d’ailleurs des lieux pour écrire. J’y recherche toujours des éléments qui coexistent , des éléments urbains, architecturaux, des parcs, des choses fleuries. Ceci donne une âme au film, donne mystérieusement une image de l’intériorité des personnages.

L’histoire n’est pas linéaire, donnée d’emblée. Des informations nous arrivent indirectement, de manière implicite, après coup. Certaines ne font pas avancer la narration, comme l’apparition de Jean-Pierre Kalfon portant une perruque de femme…Cette façon de procéder ouvre plein de pistes et donne de la liberté.
Tant mieux si vous le prenez comme ça, parce que très souvent les films se réduisent à leur sujet alors que dans la vie les éléments sont souvent ambivalents, on peut rencontrer des gens comme ce Jean-Pierre Kalfon sans en faire une histoire, sans que ce soit le sujet de la séquence ni du film. C’est une mosaïque ouverte, sans être non plus un fourre tout. Ces choses se font écho, entrent en résonnance pour constituer, je l’espère, un tableau d’ensemble.

L’un de vos personnages dit qu’il ne se sent chez lui nulle part.
Oui, il y a des gens qui ressentent ça, des gens qui voyagent beaucoup.

On a l’impression que l’ensemble de vos personnages sont en transit, en voyage.
En réfléchissant à votre question, je réalise que j’ai fait mes quatre premiers films dans un périmètre très étroit de la banlieue parisienne et que j’avais besoin de nouveaux espaces. Et puis il y a la spécificité de l’histoire, une femme française qui vit à Berlin avec un jeune homme d’origine norvégienne…il ne s’agit pas du portrait d’une génération. Ni d’un film sur le deuil. Il n’y a pas mieux pour rater un film que de vouloir traiter d’une problématique particulière.
 

Rencontre avec Mickhaël Hers pour son film Ce sentiment de l’été
Le thème de la disparition, de la perte est très présent
Comme celui du temps, il apparaît dès que je me mets à écrire .C’est quelque chose qui me traverse personnellement, mais j’imagine que ça traverse tout le monde . On me demande si c’est autobiographique. Oui et non. Tout le monde est confronté à la disparition de proches, d’une époque, à des séparations, la vie est faite de ça, continuellement. Chacun le vit à travers sa sensibilité, sa personnalité. J’ai l’impression qu’on peut toucher les gens en restant au plus près de soi.

Votre film n’est pas bavard mais il  comporte des moments clé, comme la discussion entre Lawrence et Tommy et celui où on parle de la honte . En ces deux occasions la parole s’ouvre.
Les corps aussi se libèrent à ce moment du film. Vous me demandez si ceci est programmé ; ma démarche est plus intuitive.

Tommy dit « Je n’aime pas ce genre de situation où tout est arrangé », quant à Lawrence , il a le choix entre continuer à «  traduire des modes d’emplois et des notices chiants » ou écrire. Au fond, ce choix nous renvoie à nos propres vies, se contenter de traduire ce que les autres ont établi pour nous ou bien inventer notre vie.
Effectivement. Mais il est toujours un peu vain de parler de son propre film alors qu’il est passionnant d’entendre les points de vue des spectateurs, qui m’éclairent sur mon propre film.

La scène d’anniversaire où on souffle les bougies éteintes à cause du vent est remarquable. On pense à la partie de tennis dans Blow Up.
Ce n’était pas prévu. L’un des acteurs en a eu l’idée sur le moment. La réalité du tournage, du présent s’impose, qui devient mieux que ce qui était écrit.

 Cela ramène à cette idée que nous partageons toutes et tous des impressions, des sentiments, le manque d’êtres chers. Ce sentiment, tout le monde l’éprouve.
Oui, ça part de ce titre anglais Danse summer filling intraduisible en français. Ce sentiment de l’été nous invite à prendre soin de ce qui se passe à cette époque précise mais qui est en écho avec d’autres périodes vécues.

La lumière de votre film est chaude, chaleureuse, elle enveloppe vos personnages avec tendresse.
Même si le film comporte une certaine violence , la lumière et la musique apportent de la douceur qui permet de se laisser porter. Le grain y est pour beaucoup. On a tourné en pellicule, en super 16mm, un format qui donne de la matière.

Vous avez tourné à Berlin, Paris, New York …et Annecy.
Tourner est parfois un prétexte pour revenir sur les lieux qu’on aime. Enfant, j’ai passé des vacances heureuses dans la région. 

Il en va des films comme des livres. Les gens attendent de plus en plus de spectaculaire, rythmé, avec du suspens, et quand l’histoire est terminée, il n’en reste rien. Alors qu’un bon bouquin, une œuvre intéressante, comme votre film part du prétexte d’une histoire pour lui donner une épaisseur, créer une atmosphère, un univers, un rythme propre qui continueront d’infuser une fois la lecture terminée.
Je suis tout à fait d’accord. On embarque des choses des films, des musiques qui ont compté, qu’on porte, qu’on trimballe un peu mystérieusement et que le spectateur fait siennes



Rencontre avec Mickhaël Hers pour son film Ce sentiment de l’été
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Paul Rassat
Rédacteur et Reporter chez Move-On Magazine En savoir plus sur cet auteur

        


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