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Coeur de Pirate au Festival Musilac 2015


Alors que le single Oublie-moi sautille déjà de stations de radio en clip vidéo, Roses, le nouvel album de la chanteuse québecoise Coeur de Pirate est sur le point d'envahir les bacs. En effet, le 28 août 2015 vous pourrez découvrir l'effet de la petite Romy sur la musique de sa maman. En attendant, on revient sur l'interview qu'elle nous a accordée à Musilac, quelques heures avant son passage sur scène.


| Rédigé le Jeudi 13 Août 2015 |

©LeBonbon
©LeBonbon
Tu viens de reprendre Mistral Gagnant, une des chansons les plus célèbres de Renaud, qu’est-ce que cette chanson évoque pour toi ?
J’ai été approchée pour ce projet de reprise. Je connais bien Renaud et s’il y a une chanson que j’avais envie de reprendre, c’était bien Mistral Gagnant – comme beaucoup d’autres chanteurs qui participaient au projet d'ailleurs. Au départ, je ne pensais pas du tout qu’on allait me permettre de reprendre celle-là, je pensais qu’on la donnerait à quelqu’un d’autre. Finalement, lorsqu’on m’a dit que c’était bon pour Mistral Gagnant, j’étais vraiment très contente, car c’est la chanson que je chante à Romy, ma fille. J’aime cette chanson car elle a un rapport à la parentalité qui n’est pas cliché, qui ne ressemble pas aux autres chansons. C’est une chanson que je trouve fascinante et qui me fait pleurer…
 
Ton prochain album s’appelle Roses, pourquoi avoir choisi ce titre ?
Roses peut se prononcer soit à la française, soit à l’anglaise. Dans cet album, chaque chanson peut être considérée comme une rose, comme le côté éphémère de la fleur dont il faut prendre soin sinon elle peut mourir. Je trouvais ça intéressant, parce que c’est vrai que la musique, c’est quelque chose de relativement éphémère, c’est pas quelque chose de concret, de physique, c’est quelque chose qui passe donc il faut en prendre soin. Il y a aussi le côté épineux et beau à la fois, un peu comme Cœur de Pirate… je trouvais ça beau aussi.
 
Quel est ton processus de création, d’écriture ?
En général, j’ai de la misère à m’exprimer, donc de transposer ce que je ressens en chanson, ça m’aide beaucoup. Ça me permet de revenir sur mes propres expériences, parfois ça me permet simplement de parler à d‘autres, à des gens qui m’ont marquée ou qui font partie de ma vie.
 
Est-ce que l’écriture est une sorte de thérapie pour toi ?
Oui, c’est ce que je fais pour comprendre ce qui m’arrive, pour passer à autre chose aussi. Il s’est passé beaucoup de choses ces dernières années, être chanteuse fait qu’on vit pas mal d’émotions, donc ça me permet de revenir là-dessus.
 
Tu t'apprêtes à faire une tournée aux US, à rencontrer un nouveau public, comment est-ce qu’on se prépare à ce genre de nouvelle expérience ?
En fait, on recommence à zéro ! J’ai déjà fait des concerts aux États-Unis, à chaque fois ça s’est très bien passé, mais c’était dans des grandes villes, où je savais qu’il y avait un public relativement francophone. Bien sûr, il y avait aussi des anglophones qui venaient me voir, et c’était cool, mais ça restait des gens ouverts à la musique française. Là, je vais tourner dans des villes pas nécessairement plus petites, mais face à un public moins habitué à ce genre de musique, comme à Seattle, Portland, Atlanta par exemple. Habituellement, on va pas forcément dans ces villes-là car on risque de se retrouver à jouer devant trois personnes, donc j’espère que ce ne sera pas ça ! Là, on recommence à zéro, ça va être très punk-rock, très retour à la base (rires). C’est bien, moi ça me va en tous cas.
 
Et entre les petites salles et les grandes salles, est-ce que vous avez une préférence ?
Moi j’aime tout. Ce qui est cool justement c’est que je vais avoir les deux. Je vais avoir des gros show en France ou au Canada, avec du déploiement, du visuel, parce qu’on est rendus là dans ma carrière, tandis qu’aux États-Unis je vais revenir aux concerts de bar, de petites salles, de clubs, avec 600-700 personnes, c’est pas rien, mais ça n’a rien à voir avec un concert à l’Olympia ou à Lyon ou c’est comme 2000 personnes. Donc c’est pas mal, parce que je peux voir la réaction des gens dans les deux situations, j’aime vraiment les deux configurations.
 
Tu interprètes déjà des titres de ton nouvel album qui n’est pas encore sorti, il sortira fin Août, est-ce que c’est particulier de chanter des titres que le public ne connaît pas ? Es-tu plus nerveuse, ou au contraire est-ce que c’est excitant de chanter des titres inédits ?
Oui, pour l’instant ça s’est vraiment bien passé. J’ai sorti Oublies-moi il y a 3 mois, et quand j’arrive en concert et que les gens la connaissent, je trouve ça fou, c’est génial, mais c’est sûr que c’est une prise de risque de se dire qu’on va jouer de nouvelles chansons, on ne sait pas comme les gens vont le prendre. Mais il faut le faire, ça permet de briser la glace, de foncer, et justement de présenter un avant-goût de ce qui arrive.
 
Pour revenir sur le processus d’écriture, comment est-ce que tu précèdes, entre les deux langues ?
Dans la mesure où je suis bilingue à la base, quand j’écris en anglais c’est parce que je pense en anglais, et quand j’écris en français c’est parce que je pense en français, ça dépend vraiment des émotions que je veux illustrer à ce moment-là.
 
J’ai vu que ton deuxième single serait Crier tout bas, chanson magnifique par ailleurs, est-ce que tu peux nous raconter son histoire ?
J’ai vécu de grands moments de solitude en tournée, je me suis retrouvée face à mes angoisses, mes inquiétudes. Ça arrive, quand tu fais un projet solo. Bien sûr, tu as un groupe, mais ce ne sont pas des gens sur qui tu peux vraiment t’appuyer – et surtout, ils n’ont pas les mêmes tristesses que toi. J’ai fait une partie de la tournée enceinte, et puis il y a eu Blonde, le premier album, et en fait je n’ai pas parlé de ce qui m’arrivait vraiment. Je parlais toujours d’une autre personne, d’un mec, comme une revanche personnelle, je sais pas, j’avais besoin de faire ça à ce moment-là. Avec Crier tout bas, j’ai parlé de cette grande solitude. C’est un peu une lettre à quelqu’un qui vivrait un peu la même chose, et peut-être aussi une lettre à ma fille plus tard si elle vit quelque chose comme ça. Pas la dépression, mais peut-être des moments où elle se sent plus à terre, savoir qu’elle n’est pas toute seule. C’est ce que j’ai voulu faire avec cette chanson-là.
 
Tu as beaucoup pensé à Romy, en écrivant cet album-là ?
Oui, beaucoup. En fait, je ne savais pas vraiment pourquoi je faisais Cœur de pirate jusqu’au jour où je l’ai eu, où elle est arrivée dans ma vie, où je l’ai vu réagir à ma musique. C’est assez fascinant. Elle m’a donné comme une raison de continuer, parce que j’ai vu l’effet que je produisais sur les gens qui m’écoutaient à travers elle. Parce que oui, bien sûr, les gens te le disent, ça fait du bien, mais là, c’est comme de le voir en vrai, de voir quelqu’un touché par ta musique.
 
C’est sûr que les enfants ne peuvent pas mentir…
C’’est un peu cliché, mais c’est vrai, et ça te redonne confiance, c’est assez génial.
 
Ton souvenir de scène le plus poignant ?
Quand j’ai fait les Franco à La Rochelle en 2010, c’était assez fou parce qu’il y avait le soleil qui se couchait à ce moment-là, les gens qui chantaient, et tout… J’adore aussi Musilac, le dernière fois que je suis venu j’ai eu un fou moment, c’était génial, mais vu que c’est en plein jour, tu vois pas vraiment, et y a tellement de monde ! Y a beaucoup d’autres bands… Aux Franco, c’était seulement moi, les gens venaient pour me voir, donc j’étais vraiment très contente.
 
Et quelque chose que tu aurais vraiment envie de faire sur scène ?
J’aime beaucoup les collaborations, je suis toujours ouverte à collaborer avec d’autres sur scène. J’ai eu de la chance, déjà, de pouvoir me retrouver avec Indochine, Julien Doré par deux fois… quand ça arrive, je trouve ça vraiment cool parce que ça te donne un stress en plus, tu joues devant un public que tu connais pas… Moi, quand ça fait du sens, ça vaut la peine, y a pas de problèmes. Je suis un peu hip hop en ce moment,  donc j’aimerais bien jouer avec Drake… comme tout le monde je pense !
 
Tu vas te jeter dans la foule, ce soir ?
Hummm… ça me paraît un peu loin, là, mais pourquoi pas ! (rires)
 


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Aurore Fossard De Almeida
Rédactrice et reporter pour Move-On Magazine. Les images qu'on fixe, les images qui bougent, les... En savoir plus sur cet auteur

        


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