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Imagine le Grand Annecy


Imagine l'imagination au pouvoir.


| Rédigé le Mercredi 17 Juillet 2019 |

Jean-Luc Rigaut. mars 2018 © David Malacrida
Jean-Luc Rigaut. mars 2018 © David Malacrida
Entretien avec Jean-Luc Rigaut, Président du Grand Annecy.

On est en train d’écrire « La légende du Haras » et pour la ville c’est « Imagine le Grand Annecy ». Pour rassembler les gens, il y a besoin d’un discours et d’une histoire à partager ?
"Imagine le Grand Annecy" est né de la construction même de  la nouvelle agglomération. 2017, la loi NOTRe se met en application, l’ex agglomération d’Annecy, plus urbaine et homogène, 13 communes, se voit adjoindre des communautés de communes de moins de 15 000 habitants, les deux rives du lac, le pays d’Alby et le pays de Filières par la volonté de ses élus. C’est un nouveau territoire, moins urbain, qui va du col d’Evires jusqu’à la frontière avec la Savoie. Nous nous étions assemblés pour respecter la loi, dans un nouveau périmètre, il fallait désormais porter une vision adaptée à ce nouveau territoire ; c’est ce qui nous a animés. Porter cette vision non pas dans l’entre soi des élus qui avaient été légitimés en 2014 par des gens de leurs territoires, sur des programmes personnels… mais avec les habitants de l’ensemble de ce nouveau territoire.

"Imagine le Grand Annecy", c’est regarder loin, à l’horizon 2050 afin de sortir des enjeux immédiats quels qu’ils soient, sortir du quotidien.

Pour ce faire nous avons choisi une méthode adaptée. Je crois beaucoup au monde associatif, dont nous avons vraiment besoin mais chaque association, et c’est normal, défend sa cause, l’ensemble constituant un intérêt général très compliqué.

Nous avons souhaité consulter aussi les gens qui ne sortent pas de chez eux, qui ne s’expriment pas habituellement. C’est ce qu’ont permis les interviews, les films, le panel représentatif des anciens, des jeunes, urbains, ruraux. 3000 habitants ont émis 350 propositions qui ont servi de base au travail des élus.

En 2017, deux universitaires, Jacques Lévy et Romain Lajarge, délivraient le résultat de leur étude sur le bassin annécien et pointaient entre autres l’absence d’un véritable « nous » collectif et le fait que ce territoire n’a pas suffisamment écrit son histoire entre le passé lointain et notre époque, d’où des difficultés pour fédérer. "Imagine le Grand Annecy" va dans le bon sens.
En tout cas, c’est ce que j’ai voulu : fédérer est le mot exact, donner sens à l’action publique, avoir cette vision globale qui permet de dépasser les contradictions de l’instant. Il faut préserver à la fois les emplois, les espaces agricoles…sanctifier et protéger les berges du lac, cette dernière décision étant partagée aussi par les habitants d’Evires ou de Saint Félix. Chacun comprend la complexité des enjeux de son territoire et des autres aussi.
 
Pour que cette démarche nouvelle agisse pleinement, les élus doivent un peu lâcher prise et accepter des regards croisés pour mieux comprendre, agir de manière plus positive… et plus ambitieuse.

"Imagine le Grand Annecy" a permis de redonner un élan ; les gens sont prêts à sortir de chez eux pour militer, pour porter un projet commun, pour travailler ensemble. C’est un message de confiance en l’avenir. Rendu possible par le fait que tout repose sur un sens partagé.

Peut-être que certains avantages deviennent paradoxalement des obstacles, comme le lac qui devient un cliché et qu’on surexploite ou bien les environs qu’on qualifie souvent de « merveilleux terrain de jeu » sans penser à les protéger suffisamment.
Tout le monde est heureux de bénéficier de ces espaces, d’où cette expression, mais il faut pouvoir les utiliser et les préserver. Nous sommes sur une terre d’équilibres. Il est impossible de tout mettre sous cloche comme certains le demandent. Le pays est tellement dynamique qu’il attire des gens qui s’y sont installés pour la carte postale et qui au bout d’un moment veulent monter au Semnoz en 4X4 sans subir les bouchons et donc sans les autres.

Dans une forme d’individualisme.
Dont il faut faire sortir les gens pour les remettre ensemble et faire vie publique tout en étant ambitieux. C’est complexe. La démarche n’est pas figée, on sait où on va pour les 20 années à venir mais on sait aussi que le chemin sera réadapté, modifié avec l’aide de l’observatoire citoyen que nous avons mis en place, dans une démarche de co-construction avec les habitants : 90 d’entre eux ont été tirés au sort pour y participer.

Vous parliez d’équilibre… à trouver autour du lac, avec Aix et Chambéry, Lyon d’un côté, Genève de l’autre.
Nous avons voulu ces formes nouvelles de coopération territoriale. C’est pourquoi il faut bien les structurer, avec sa ville-centre, chef lieu du département, suffisamment solide, moderne dans son organisation administrative, puissante pour agir avec ses 130 000 habitants, le territoire de l’agglomération en interaction avec la ville et non en compétition.

Notre territoire comporte plusieurs polarités, comme Faverges, Thorens Glières. Quand nous nous rencontrons entre maires du territoire, chaque voix a la même importance. Rien ne peut se faire sur un territoire sans l’accord du maire et des citoyens de ce territoire.
 
Et puis chaque pièce du territoire d’ensemble apporte ses qualités, , ses particularités, les espaces naturels de Leschaux, les activités économiques ou agricoles ailleurs. Quand le projet de territoire donne la direction, ça va beaucoup mieux ; c’est ce que permet cette gouvernance entre nous, ce qui nous rend plus forts et permet de coopérer avec Genève. Les frontaliers sont nécessaires mais si l’on ne fait une politique que pour eux, on se transforme alors en zone résidentielle.

Avec Chambéry et le pôle métropolitain, nous sommes plus forts dans la Région pour ce qui concerne par exemple la question ferroviaire ; l’Université de Savoie est bipolaire pour être à la hauteur des enjeux.
 
Aujourd’hui, la proximité n’est pas que physique. Elle consiste à traiter les problèmes à la bonne maille.
Il faut y ajouter le plaisir de porter une vision commune.
 
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Paul Rassat
Rédacteur et Reporter chez Move-On Magazine En savoir plus sur cet auteur


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