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Annecy Paysages. L’art dans la ville ou la ville autour de l’art, au choix


Du 6 juillet au 15 septembre 2019
Interview de Bob Verschueren


| Rédigé le Jeudi 11 Avril 2019 |

Annecy paysages
Annecy paysages
Alors que l’art est de plus en plus muséal et que de grandes expositions retentissantes en sont le point d’orgue avec médiateurs qui vous montrent ce que vous allez voir, comme le dit un dessin de Sempé, Annecy a choisi de placer l’art dans la ville et de transformer ainsi la ville en œuvre d’art à ciel ouvert, une sorte d’œuvre d’art naturelle.

L’éphémère y rejoint la continuité puisqu’Annecy a fait l’acquisition du lotus qui continuera de fleurir le bassin de l’hôtel de ville cette année encore.
On retiendra, suivant ses centres d’intérêt, que le lotus est au choix l’emblème du sage, la représentation symbolique du sexe féminin ou de l’harmonie cosmique, celle de la fertilité ou d’une sexualité totalisante (bisexuelle).

Un festival ayant pour emblème le lotus ne peut que parler à tous !

C’est en tout cas un événement qui donnera à voir et à partager sur de nombreux sites des œuvres réalisées par des artistes locaux ou venus d’ailleurs, Belgique, Espagne, USA, Suisse, Lettonie…événement co organisé par  de nombreuses structures d’Annecy dont Bonlieu, bien sûr mais aussi le CAUE, l’ESAAA, la Ferme de Chosal, Art by Friends, , le Brise Glace, Mikado, La Turbine, Artootem, le Palais de l’Ile …ainsi que des structures de Lausanne. 

Puisqu’il est question d’éphémère et de continuité, Bob Verschueren est particulièrement bien placé pour évoquer ce thème. Nous avons eu l’occasion de le rencontrer. Il présentera deux nouvelles œuvres en 2019, « La haie d’honneur » dans les Jardins de l’Europe et « La cause commune » à la Ferme de Chosal.
 

Follow the leaders ©Isaac Cordal
Follow the leaders ©Isaac Cordal

Bob Verschueren ©Paul Rassat
Bob Verschueren ©Paul Rassat
Conversation avec Bob Verschueren
 
Vous intervenez pour la 3° année consécutive dans Annecy Paysages. Est-ce que ça change votre approche de savoir qu’il y a cette continuité ?
C’est avant tout le plaisir de ressentir une réelle reconnaissance et de se faire des amis.

A vous entendre, à suivre votre démarche, vous mettez cette reconnaissance au service des gens.
Si l’on fait un travail, il doit être à l’adresse des autres sinon il n’a pas de sens.

Ce qui vous semble évident ne l’est pas pour tous. L’œuvre que vous allez présenter à la Ferme de Chosal, « La cause commune » (un lieu naturel où causer ensemble) est faite pour rassembler, pour susciter la discussion et inclut l’humour.
Dans la vie en général j’ai compris que la pire chose est d’emmerder les autres parce que le premier emmerdé, si j’ose m’exprimer ainsi, est toujours soi-même.

Vous êtes donc l’incarnation d’un égoïste qui veut se faire plaisir en faisant plaisir aux autres (rires).
La qualité d’une vie réside dans le partage.

C’est une approche que vous avez toujours eue ou bien est-elle venue avec l’âge ? Est-ce que ça se travaille ?
Sans aucune prétention je considère mon travail comme une sorte de chemin philosophique qui a commencé il y a bien longtemps, il y a quarante ans. J’ai été intéressé par la question de l’éphémère, un travail éphémère est une sorte de miroir de la vie. Cette manière de voir libère énormément l’esprit. La seule chose qui existe est le présent car on ne vit jamais ni dans le passé ni dans le futur. On est un voyageur perpétuellement dans le présent.

Le point de rencontre du passé, du futur, mais toujours dans le présent.
C’est toujours dans le présent qu’on navigue et c’est pour cette raison qu’il faut en faire l’éloge alors que tant de gens font celui du futur. Ils disent « Dans le futur, je… »Non, que fais-tu maintenant ?

La société nous engage à nous projeter sans arrêt, à avoir des objectifs dans le futur…
C’est un peu le drame de la société qui court à sa propre perte car elle néglige de faire du présent une œuvre d’art.

Il m’est arrivé d’être situationniste, ce que je suis encore au moins en souhait, de penser que l’art devait faire partie du quotidien et ne pas être enfermé dans des musées. Etre dans le présent, c’est abattre toutes les étiquettes, toutes les catégories ?
J’ai beaucoup de respect pour les conservateurs de musées mais j’aime bien les charrier en disant qu’il faut se méfier d’eux comme des conservateurs dans l’alimentation.

Vous avez une démarche de sagesse, de philosophie et vous préférez parler d’art nature que de land art.
Historiquement, la naissance du land art n’a rien à voir avec ce qui se fait actuellement, à quelques exceptions près. Le land art était initialement le fait d’artistes mégalos…

Donc à l’opposé de vous.
…qui avaient estimé, et pas forcément à tort, qu’il fallait fuir les galeries et les institutions pour aller faire d’autres choses ; mais comme ils étaient mégalos et qu’il n’y avait pas encore la conscience de l’environnement, ils faisaient un peu n’importe quoi n’importe où.

Vous êtes donc partisan d’une écologie qui enveloppe tout et particulièrement la dimension humaine.
Oui, très certainement. L’écologie a coulé de source à un moment donné mais ce qui m’a intéressé au départ, c’est qu’à travers des éléments tirés de la nature et à travers des œuvres éphémères, je parle du socle de notre existence qui est la vie et la mort. Ceci me permet de ne plus être dans le déni de cette réalité.
Quand j’entends des gens dire « Je rêve d’être éternel… » je pense qu’ils sont stupides. Si nous étions éternels, vous ne prendriez jamais le temps de m’interviewer puisqu’on pourrait le faire dans cent cinquante milliards d’années.

Les hasards des rencontres sont intéressants puisque je rencontre demain Fabien Vehlmann, auteur entre autres de la BD « Les derniers jours d’un immortel » dont le héros renonce volontairement à l’immortalité.

Il faut préciser que Bob est un artiste autodidacte comme nous sommes tous des autodidactes de la vie.
Allez faire un tour sur son site, vous y lirez
"Je préfère partir à la découverte de ce que je ne connais pas. 
C'est selon moi la meilleure façon de pouvoir espérer de belles surprises."

Walden Raft ©Elise Morin
Walden Raft ©Elise Morin


 
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Paul Rassat
Rédacteur et Reporter chez Move-On Magazine En savoir plus sur cet auteur


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