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Saint François de Sales fait encore battre le cœur du Prieuré de Talloires


Talloires, mille ans d’Histoire


| Rédigé le Mardi 19 Juin 2018 |

Saint François de Sales fait encore battre le cœur du Prieuré de Talloires
Saint François de Sales fait encore battre le cœur du Prieuré de Talloires
   Grâce à François-René Duchâble et Alain Carré, l’Histoire, la passion, l’esprit et l’humour ont prolongé et entrecroisé leurs fils pour rendre un hommage musical et littéraire à Saint François de Sales ainsi qu’à Claude-Louis Berthollet ce dimanche 17 juin 2018 dans le cadre du Prieuré.

   Pianiste et comédien, François-René Duchâble et Alain Carré recherchent cette liberté qu’ils trouvent en échappant à la répétition des mêmes spectacles soir après soir. Ils ont participé à plus de 750 spectacles, dont 110 créations !

   En ce moment, la Fondation Gianadda expose Pierre Soulages qui affirme « C’est ce que je fais qui m’apprend ce que je cherche. » Pour Soulages, « La réalité de la peinture est dans le triple rapport entre la chose montrée, celui qui l’a faite et celui qui la regarde. »
   C’est dans ce rapport privilégié et vivant que se crée la dimension artistique avec François-René Duchâble et Alain Carré, et c’est de cette force vivante que naît la jubilation éprouvée hier soir par le public, une centaine de privilégiés devenus en toute simplicité des amis des artistes, de Saint François de Sales, de Claude-Louis Berthollet.

   Grâce à ce genre de spectacle, il est possible de descendre au plus profond de soi pour s’élever.
 

Saint François de Sales fait encore battre le cœur du Prieuré de Talloires
Saint François de Sales fait encore battre le cœur du Prieuré de Talloires
François-René Duchâble a bien voulu répondre à quelques questions de Move-On
 
Sans être mélomane averti, j’ai apprécié que votre jeu laisse place à l’humour.
On doit retrouver toute la gamme des sentiments. Il n’y a pas que l’humour ; il y a aussi le drame, la colère, la jalousie, la violence, l’amour. On peut espérer qu’il y ait un peu d’amour quand on caresse les notes, amour sensuel, amour spirituel, amour philosophique, l’amour tel qu’en parle Saint François de Sales. Je suis aussi très nourri par les textes, les beaux textes et les aphorismes qu’Alain a choisis. L’humour fait partie de la musique, même chez les compositeurs les plus inattendus. Chez Wagner, on ne peut pas dire qu’il y ait beaucoup d’humour, mais Beethoven est plein d’humour, comme Schuman, Schubert n’en parlons pas. Brahms, lui, est davantage dans la nostalgie, dans la tristesse. Mozart est l’humour incarné. L’humour est la joie. Mozart disait « Je suis peut-être superficiel mais ma musique ne l’est jamais. Quant à moi, je donne l’impression d’être superficiel par profondeur. Pas superficiel, je dirais plutôt léger.

On attribue à Diderot une phrase qui, de mémoire, donnerait « Il faut dire légèrement les choses sérieuses et sérieusement les choses légères ». C’est ce qui fait qu’on partage avec vous une forme de jubilation.
J’essaie en tout cas de la communiquer, même si parfois la pensée peut s’échapper – regardez le résultat du foot ce soir… - mais on est là non pas pour s’exhiber, pour satisfaire un narcissisme mais pour satisfaire un rendez-vous important, je dirais même « sacré », au sens religieux du terme, par rapport au public qui a fait la démarche de venir et qui compte des connaisseurs, des non connaisseurs, des gens qui viennent pour la façade sociale… Mais ceux-ci aussi méritent le meilleur. Il faut s’adresser à eux comme aux enfants, aux gens des prisons, aux malades : ceux-ci sont ma priorité. Je constate les bienfaits de la musique dans le domaine neurologique, notamment chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer qui se mettent à chanter en m’écoutant, alors que vous n’avez pas chanté en m’écoutant tout à l'heure. Le type de communication n’est pas le même.

Non, mais je vous parlais de jubilation et je l’ai effectivement ressentie, elle emporte totalement l’auditeur.
Peut-être dans le contexte de ce spectacle parce que Saint François de Sales est un être de jubilation. Un être profond, sérieux et plein d’humour. Ce n’était pas un évêque austère, on sent chez lui cette joie de vivre, cet élan. Il était aussi simple et humble. Chopin disait « Les gens sérieux ne sont pas sérieux. » L’humour nourrit nos vies et nous permet parfois de supporter l’insupportable.

A partager un spectacle comme ce soir, on se dit qu’il faut réellement détruire tous les enregistrements.
Merci pour ce compliment parce qu’il est vrai que tous les enregistrements réalisés en studio débouchent sur une déperdition parce qu’il n’y a pas la présence physique, la présence d’instruments. De plus les modes d’enregistrement et de diffusion réduisent les nuances. On ne peut dans ces conditions tenter de transmettre la notion de mystère, comme dans une ou deux pièces que j’ai jouées ce soir, chercher un pianissimo ultra lointain, d’une grande douceur et la puissance qui pourrait faire descendre les poutres [Précisons que la salle du Prieuré de Talloires offre un magnifique plafond à la française]. On ne passe pas à l’enregistrement et puis on n’est pas motivé. A chacun des 40 ou 45 enregistrements que j’ai réalisés dans ma vie, j’ai eu la sensation d’avoir des couperets sur chaque articulation de mon bras. Je sentais un refus de jouer, de livrer mon message alors qu’en public, même si je n’ai pas toujours l’envie de partager, je suis porté par une obligation morale. Je sens le désir du public.

Vous dites d’ailleurs qu’il y a un véritable plaisir à jouer pour soi.
J’ai souvent géré la solitude dans ma vie et les pianistes sont souvent introvertis, c’est pourquoi je n’aime pas ce discours convenu, ce cliché « Nous sommes là pour partager, on fait tous ensemble, j’aime communiquer », tout ça n’est que mode sociale et une forme d’hypocrisie. Moi, je décide de donner et de partager si j’ai envie… Mais ma grande ivresse est celle du non partage, le contact direct avec les chefs-d’œuvre sans qu’il y ait de témoin.
Demain, chez moi à Draguignan, je vais jouer la transcription pour piano du Vaisseau Fantôme de Wagner, l’ouverture.

Vous affirmer attendre la retraite prochaine. Ce sera la liberté totale ?
Dans 45 jours exactement, mais ce ne sera pas la liberté totale, qui entraîne l’anarchie. Je n’aurai plus de contrats, donc de contraintes juridiques. Je continuerai l’animation/rencontre, ce partage que je pratique depuis 40 ans, je me limiterai à ma région.

La région d’Annecy en est exclue ?
Oui, sauf exception.

Zut !
Zut et m... Et flûte (rires).
 

Reste une possibilité de vivre la passion de François-René Duchâble pour la musique le mercredi 11 juillet au château de Duingt à 21 heures dans un spectacle Piano Lecture avec Diane de Montlivault « Variations sur l’amour » (George Sand et Frédéric Chopin). Illuminations par Jean-Eric Ougier
 

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Paul Rassat
Rédacteur et Reporter chez Move-On Magazine En savoir plus sur cet auteur


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