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Rencontre avec Jérôme Phalippou, dessinateur de la BD Le Fantôme d’Argent


Des bulles de BD et de champagne !


| Rédigé le Samedi 23 Septembre 2017 |

Jérôme Phalippou
Jérôme Phalippou
Le Fantôme d’argent, édité chez Paquet, est le 2° tome des aventures de Betsy. Et certainement pas le dernier.
 
 
Jérôme Phalippou, avec et sans jeu de mots, vous mettez le paquet dès la couverture. Beaucoup d’ingrédients de l’histoire sont là, en tension : un accrochage, l’héroïne prise entre deux voitures, l’énergie, l’Histoire…
Vous me faites plaisir parce que mon éditeur n’aimait pas cette couverture et voulait que je la change. J’ai tenu bon.

Vous dites que vous êtes dans la veine classique de la BD. Effectivement, on retrouve beaucoup de choses très agréables pour les gens d’un certain âge. La reconstitution minutieuse des années soixante…
Je n’ai pas de retour particulier pour les plus jeunes, mais ils doivent apprécier aussi puisque le premier volume s’est très bien vendu. Les plus anciens me disent quand même que le petit fils a lu la bande dessinée et qu’il n’y a rien de choquant, ni référence trop pointue.

Vous avez un vrai souci du détail.
Je suis un peu accro à l’archi…

On est encore dans un monde sans carte de crédit, où on vous sert l’essence.
Et je place des petits héros de bande dessinée ici ou là. Gil Jourdan et son copain Libellule, Benoît Brisefer ailleurs, qui vient rapporter un Superman à la bibliothèque.

Jérôme Phalippou
Jérôme Phalippou
Vous vous amusez à jouer sur plusieurs niveaux de références aussi bien pour le scénario que pour le dessin. On a le polar, l’Histoire, les livres et une forme d’érudition avec Chrétien de Troyes et Cligès (ou La fausse morte, comme la Rolls recherchée par Betsy, qui réapparaît…). Il y a aussi un esprit très français mais pas franchouillard.
Pour cette série, j’ai acheté des bouquins de voitures très pointus des années soixante afin d’être sûr de dessiner des modèles de bagnoles correspondant bien à telle ou telle année. Mon scénariste m’avait d’ailleurs fait le reproche de dessiner des Opel ou des BMW alors qu’il y en avait peu en France à l’époque ; mais comme les bouquins en question étaient avant-gardistes , il y avait des BM ,des SAAB, des AUDI…et à la fin mon scénariste m’a dit qu’il souhaitait voir une traction !
  
C’est très sympa et très féminin de voir que l’héroïne choisit une Floride.
Surtout quand on sait que la marraine était Brigitte Bardot.

Je disais que l’humour fait vivre le récit, avec des jeux de mots et ce qu’on appelle des zeugmas comme « Je dois changer de pneu et d’horizon », mais on retrouve l’humour dans l’image aussi, par exemple dans cette ruelle de Troyes avec ces deux chats perchés, tranquilles alors que le personnage s’enfuit tout au fond.
Je voulais proposer une visite discrète de Troyes et cette poursuite en est l’occasion (Ah mais oui, à propos de zeugma, quand elle parle de ses talons, elle dit «  Ces talons, quelle torture ! Justement en parlant de talons, c’est mon estomac qui les occupe maintenant »). Cette ruelle s’appelle justement la Ruelle des Chats.

Il y a le côté populo avec Renault…et les références prestigieuses avec la Rolls, les livres et Chrétien de Troyes et le champagne.
Olivier est parti d’une histoire vraie concernant le champagne, d’où Epernay et ensuite le glissement vers Troyes, pour le plaisir .On a eu l’occasion de visiter la bibliothèque de Troyes !

A voir les dessins, on sent que vous avez apprécié.
Il y a du vécu. La bibliothèque que vous voyez vers la page trente a été vidée de son contenu dans les années 2000 et elle renferme maintenant ce qu’il y avait à l’abbaye de Cluny. Cette bibliothèque est magnifique et je me suis dit qu’il fallait absolument faire quelque chose avec elle et autour d’elle. Le coloriste s’est éclaté.

Les couleurs soulignent ce retour dans le passé.
Je devais être le coloriste du premier tome et quand c’est le cas, je dessine différemment puisque je sais que je vais préciser certaines choses grâce à la couleur ; et puis, à la trentième page, pour des contraintes de temps, on m’a dit que quelqu’un d’autre serait chargé de la couleur.

Jérôme Phalippou
Jérôme Phalippou
Si on prend une page comme la 24, c’est drôlement construit !
Je m’éclate avec ça. Des champs, des contre-champs. C’est ça qui est bien avec la BD, on est le bon dieu sur la page, c’est nous qui décidons comment vont agir, comment vont circuler les gens. C’est un vrai plaisir parce qu’il faut toujours tenir le lecteur par la main, ne pas le perdre. Il faut un suivi.
 
Trouver un équilibre entre guider et surprendre.
Il faut tenir la main des gens sans qu’ils s’en rendent compte.

Vous n’avez pas honte de manipuler les gens comme ça !
Pas du tout ! c’est de la vraie communication (rires).
Il y a un tome trois en perspective et j’espère qu’il y en aura d’autres, dont un avec une histoire en Haute-Savoie. J’aurai moins de recherches à faire puisque je vis ici !

[ Pendant notre entretien, Jérôme Phalippou dédicace et , dans la bonne humeur et les rires, naît l’idée d’une pétition pour que l’un des prochains volumes se situe en Haute-Savoie.]
 
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Paul Rassat
Rédacteur et Reporter chez Move-On Magazine En savoir plus sur cet auteur

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