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Rencontre avec Danyèle Falquet, le cinéma dans les gènes !


Entre les lycéens qui profitent de leur pause pour apprécier des derniers rayons de soleil de septembre en terrasse et la sortie des spectateurs du festival du cinéma italien, la place St Claire est animée, comme souvent, par des passants et des occupantes très éclectiques. Parler d’effervescence serait mentir, mais il règne autour de cette fontaine une ambiance qui appelle à la rencontre et à la discussion. Nous nous sommes donc laissés portés par cette jolie énergie et avons passé un moment avec Danyèle Falquet, propriétaire et gérante du cinéma Les Nemours à Annecy. Le cinéma, dans la famille Falquet, c’est dans les gènes.


| Rédigé le Jeudi 14 Janvier 2016 |

Danyèle Falquet ©AuroreFossardDeAlmeida
Danyèle Falquet ©AuroreFossardDeAlmeida
Danyèle Falquet, ça fait combien de temps que vous vous occupez du cinéma Les Nemours à Annecy ? Est-ce que le cinéma pré-existait avant que vous ne vous en chargiez ?
C’est ma famille qui a monté ce cinéma en 1978. Vous avez vu Cinéma Paradiso ? (nous, en cœur, « OUI ! ») Et bien mon père faisait ça ! Il a commencé avec ma mère quand il avait 25 ans, juste quand je suis née, dans les années 1950. Mes parents allaient dans les bars, ils tendaient un drap, ils installaient leurs appareils (des Debries, à l’époque) et ils faisaient Cinéma Paradiso ! C’était une vraie passion. Et puis il a acheté sa première salle, à la Rochette, en Savoie, puis une autre à Pontcharra, puis à Montmélian, et son gros coup, c’est d’avoir acheté Aix-les-bains.
 
Donc le cinéma est devenu une entreprise familiale très porteuse !
Oui, et donc on est tous restés dedans ! Mon frère, d’ailleurs, est exploitant à Aix, c’est lui qui s’occupe maintenant du Victoria et des Toiles du Lac.
 
Pourquoi « Les Nemours » ?
Parce que juste à côté, pas loin d’ici, il y a l’impasse Nemour, qui monte au château, où les Ducs de Nemours ont habité. D’où la forme plurielle Les Nemours, en référence aux ducs. Quant à l’emplacement du cinéma, c’était une volonté de la mairie. Au départ, ici c’était le quartier de la filature, des tisserands, ce n’était pas du tout piéton, et puis petit à petit la ville a voulu réhabiliter le quartier et tout est devenu piétonnier.
 
Y avait-il d’autres cinémas à Annecy avant vous ?
Oui, au départ, il y avait deux exploitants, sur Annecy. Il y avait Bernard Fanget, qui possédait le Ritz et l’Hollywood, et notre famille, les Falquets, qui possédions le Savoy, le Vox et les Nemours. Lorsque la ville a voulu ouvrir un multiplexe, comme dans toutes les autres villes, ma famille et Bernard Fanget se sont mis d’accord pour fermer dix salles, et ont ouvert Décavision à la place. Dernièrement, Bernard Fanget est parti à la retraite, Pathé a racheté sa part dans le multiplexe, et nous sommes donc maintenant à 50/50.
 
La répartition géographique des cinémas à Annecy est intéressante : le multiplexe, avec une programmation plutôt grand public se situe dans les nouveaux quartiers, tandis que les Nemours, cinéma Arts et Essais, est au cœur de la vieille ville…
Oui, ça nous convient très bien ! Malheureusement nous venons d’apprendre très mauvaise nouvelle, c’est l’ouverture d’un multiplexe à Seynod, Megarama. La maire de Seynod a fait ça toute seule dans son coin, en décidant de construire 1000 logements dans le quartier de Val Semnoz, et d’ajouter un multiplexe au-dessus du supermarché Géant. Le 7 octobre se réunit la CDAC (Commission Départementale d’Activités Commerciales) qui doit décider de si oui ou non le projet est accepté. Ils ont besoin d’avoir la majorité, je pense qu’ils ne l’auront pas, ils feront donc un recourt, mais nous aussi (nous savons, à l’heure où le magazine paraît, que le projet a en effet été refusé à la CDAC, NDLR).
 
Vous pouvez nous parler de comment se passe la programmation ?
Avant, le Décavision et les Nemours étaient programmés par Christian Falquet, mon ex-mari. Mais Christian a pris sa retraite en même temps que Bernard, donc Pathé a programmé Déca, et on a fait un solide contrat pour qu’ils programment aussi les Nemours, tout en gardant bien l’identité Arts et Essais du cinéma – je suis à 95% d’Arts et Essais. Chez nous, on mange pas de pop-corn ! Faut pas que quelqu’un tousse dans la salle ! (rires). Je fais donc partie de l’AFCAE (Association Française des Cinémas d’Art et Essai, NDLR), dont on reçoit des aides. On est aussi classé en patrimoine et en film de recherche, ce qui nous donne également droit à des aides qui viennent compléter l’AFCAE. Donc même si c’est le Pathé qui programme le Nemours, je téléphone tous les jeudi à Paris, et on discute des films vraiment en accord. Jusqu’à présent, ça se passe bien, ça fait 2 ans et demi, mais il faut rester vigilant…
 
Est-ce que vous faîtes parti des réseaux de cinémas de la région, comme l’ACRIRA, le GRAC, etc. ?
Je vais souvent aux visionnements mais nous sommes en dehors de ces réseaux dans la mesure où nous sommes classés en National, c’est-à-dire que lorsqu’un film sort à Paris, il sort en même temps aux Nemours, donc nous n’avons pas besoin de ces réseaux.  Mais c’est très bien qu’ils existent !
 
Vous travaillez aussi régulièrement avec l’association Plan Large ?
Oui, avec René Richoux ! Environ une fois par mois, on montre un film accompagné par un intervenant de Plan Large pour en débattre. C’est très riche, les gens aiment beaucoup.
 
À l’heure où on peut regarder les films sur des télévisions d’excellente qualité et les télécharger sur nos ordinateurs, pourquoi est-ce qu’il faut continuer à aller au cinéma selon vous ?
Déjà, on sort ! Et puis la clef, c’est la convivialité. Y a des gens, parfois, qui se retrouvent seul dans la salle et donc ils s’en vont. Nous on leur dit que même pour une personne, on projette le film, mais non, ils ne veulent pas se retrouver seul comme s’ils étaient chez eux, devant leur télé ! On va au cinéma pour frissonner ensemble, pleurer ensemble… et rire bien sûr ! C’est vraiment l’idée de sortir et de partager.


Interview Nov. 2015
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Aurore Fossard De Almeida
Rédactrice et reporter pour Move-On Magazine. Les images qu'on fixe, les images qui bougent, les... En savoir plus sur cet auteur

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