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Rencontre avec Christian Pfohl, 25 ans de Festival (M)I.F.A à son actif


Christian Pfohl nous fait part de son expérience sur Le Festival International du Film d’Animation qui se déroulera du 12 juin au 17 juin 2017 à Annecy.


| Rédigé le Mercredi 17 Mai 2017 |

Christian Pfohl ©Trombino
Christian Pfohl ©Trombino
Il y a trois bonnes raisons de demander son avis à Christian Pfohl :
  • Sa fidélité au festival;
  • Son point de vue de spécialiste indépendant;
  • Sa réalisation du documentaire sur Edouard Philippe, nommé Premier Ministre, au catalogue de la société Lardux.
 
Christian Pfohl, vous venez au festival du film d’animation d’Annecy depuis 25 ans pour la société Lardux. Pouvez-vous nous parler de Lardux et de ce que représente le Festival pour vous ?
Nous faisons partie des sociétés qui produisent du court métrage, depuis le début et encore pour longtemps. Nous sommes vraiment des professionnels du court métrage qui constitue à la fois notre plaisir, notre moyen de  survie, notre moyen d’expression. Avec mes collègues nous en avons produit quatre-vingt-onze. Nous comptons parmi les producteurs de courts métrages « anciens » et importants. Nous avons commencé par l’animation, par la pixilation, avec un personnage principal que nous avons créé et qui s’appelait Lardux, d’où le nom de notre société. Lardux était aussi le nom d’une série créée pour Canal+. Nous sommes des bébés Canal, nés dans une ambiance très déconnante. Nous aimons la comédie, les choses drôles, un peu provocantes, ce qui donne un ton à notre travail. Nous sommes connus pour notre impertinence, la prise de risques, des projets atypiques que les autres ne réalisent pas. Nous sommes des gens engagés. Nous traitons de choses adultes, le sexe, la politique, les drogues. Nous sommes des producteurs de création et de films d’auteurs. Les courts métrages que nous produisons en animation sont vraiment des films d’auteurs. Au départ, nous ne pensons pas au public auquel le film s’adresse, nous parlons avec des créateurs, nous les accompagnons tout au long de leur œuvre et les réalisateurs avec lesquels nous travaillons continuent systématiquement avec nous. Avec certains d’entre eux, nous avons produit six ou sept courts métrages d’animation, une vie entière ! Anne Laure Daffis et Léo Marchand, Jérôme Boulbès ont eu des prix à Annecy, partout. Produire des courts métrages avec eux, ça a été les faire vivre pendant quinze ans. Ils font partie des rares professionnels qui peuvent dire qu’ils ont pu gagner leur vie grâce aux courts métrages.

Et Annecy ?
Annecy, c’est d’abord la joie d’avoir un public. Nous venions déjà quand le festival se tenait tous les deux ans. Ma première participation doit remonter à 85 ou 87. Avant le marché.

Avant le Mifa.
Nous avons grandi avec le festival. Nous venons une semaine chaque année sauf exception et depuis sa création, nous venons surtout pour le marché, pour rencontrer des professionnels, monter ou défendre des projets, au point que nous ne voyions plus de films au festival ! Nous nous sommes retrouvés « hors sol ».Le système de réservation des séances à l’avance complique d’ailleurs les choses et laisse moins de liberté. Il faut tout programmer. Malgré tout j’arrive désormais à trouver un équilibre entre le travail et le plaisir de voir des films. Il faut préciser que le marché a toujours été au service de la télévision et des séries. Les courts métragistes et les créateurs d’animation adulte ont le cul entre deux chaises. Participer à ce marché  c’est  à la fois indispensable car on y trouve des contacts et des collègues, mais aussi très ingrat quand on porte des projets marginaux par rapport au marché. Nous vivons dans ce domaine un âge d’or comparable à celui que la BD a vécu, elle a peu à peu été considérée comme une forme artistique, un genre littéraire en soi. J’aimerais que l’animation, de son côté, s’émancipe d’une définition trop stricte qui la limite au public enfant. Le mot même d’ « animation » coiffe une palette très variée de réalisations.
Nous, nous sommes des précurseurs toujours décalés du marché. Même s’il est nécessaire, le marketing n’est pas notre secteur, nous sommes dans la création. Par rapport au Mifa, nous étions hors du jeu parce que nous ne faisions pas de séries, et quand nous avons développé des longs métrages, nous nous sommes retrouvés en avance sur la terrasse de l’Impérial. Et puis le Mifa  a « mangé »  la terrasse de l’Impérial et nous nous retrouvons un peu tricards. Finalement, nous sommes un peu des pirates. Notre génération forme une communauté de collègues et de concurrents –surtout de collègues- de quelques milliers en France, vraisemblablement la communauté du cinéma la plus vivante. Nous partageons beaucoup. J’aime les artistes de l’animation. Ils savent ce qu’est le travail, dessiner pendant des jours, des mois. Ils sont des  observateurs du réel au service de l’imagination. J’adore ces gens.

Nous avions déjà eu l’occasion de discuter lors du Festival 2015. Vous avez un regard très exigeant qui n’épargne pas toujours les grandes productions.
Comme professionnel de la production et de la distribution, je me demande si je ne vais pas constituer petit à petit un catalogue de longs métrages d’animation adulte qui sont produits dans le monde entier. En ce moment il y a des films partout, Le garçon et le monde réalisé au Brésil, par exemple. Qui ne fait pas de compromis mais sait être consensuel, avec un vrai parti pris graphique. Et puis beaucoup d’autres pistes s’ouvrent, les films expérimentaux, les créations numériques, les web expériences... Il faut rappeler la formule de Malraux, le cinéma est à la fois une industrie et un art. Il est très compliqué de ne pas prendre en compte ses deux composantes. Le Festival est l’occasion de les envisager ensemble, ce qui est fondamental.

Documentaire sur Edouard Philippe à retrouver ici : vimeo.com/ondemand/edouard
Site internet : lardux.com
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Paul Rassat
Rédacteur et Reporter chez Move-On Magazine En savoir plus sur cet auteur

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