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La galerie du NABAB à Genève, école de l'art contemporain


La dernière fois que j’étais passée au NABAB, j’étais à peine parvenue à saluer Jean-Jacques et Nathalie Le Testu, pris dans la frénésie artistique et sociale du vernissage de leur dernière exposition. Aujourd’hui, nous les retrouvons assis à la table de l’entrée de l’atelier autour d’un plateau de sushis, accompagnés de leur fille. C’est plus calme, ils peuvent nous raconter le NABAB…


| Rédigé le Vendredi 30 Octobre 2015 |

NABAB ©AuroreFossardDeAlmeida
NABAB ©AuroreFossardDeAlmeida
Le Nabab, en quelques mots, c’est quoi ?

C’est à la fois une école et une galerie d’art. Notre Atelier Beaux Arts des Bains, c’est le fruit d’une expérience de 1976 sur l’auto-gestion qui a évolué en une structure associative qui revendique une pédagogie ouverte - on est une sorte de laboratoire. Nos élèves passent le BAC international, mais on leur donne la liberté qui est donnée à l’université, et l’art a le même coefficient que le français ou les mathématiques. On se considère comme des accompagnateurs de projets, on est dans une démarche qui favorise l’autonomie de l’individu. On travaille par conséquent avec des profils d’élèves très variés (des dyslexiques, des surdoués par exemple) qui ont souvent du mal dans le système classique. Selon nous, la pratique artistique est quelque chose de fondamental pour permettre au gens de construire un territoire – aux étudiants, mais pas seulement – elle est donc au cœur de nos enseignements.
 
En ce moment, on travaille sur les schémas heuristiques, donc sur un niveau de pointe qui permet aux élèves de prendre des notes de manière beaucoup plus personnelle et de travailler sur leur mémorisation. On a fait venir Michel Wozniak, formateur de Tony Busan (créateur du MindMapping et à l’origine des championnats du monde de mémorisation), qui a formé nos enseignants à cette technique au mois de Juin. De cette manière, les profs ont pu revoir leur cours en appliquant cette technique, et les élèves ont tous eu droit à une journée de formation par classe. La génération d’adolescent actuelle a un déficit d’attention simplement parce qu’il se passe autour d’eux des choses tellement plus pétillantes que l’école ! En tous cas telle qu’elle est présentée généralement. Donc il faut travailler à de nouveaux modes d’apprentissage et de compréhension du monde.
 
Depuis 1994, nous sommes trois à gérer la structure, Nathalie, Michel Dubret et moi. L’objectif était de développer la pratique artistique dans ses dimensions expérimentales et de l’appliquer dès le secondaire – il ne faut pas attendre ! J’ai enseigné aux Beaux-Arts d’Annecy, Genève et Avignon et j’ai une pratique artistique, mais ce qui m’a fait lâcher mon poste de prof aux Beaux-Arts, c’est que je me suis rendu compte que je ne jugeais pas des aptitudes d’étudiants, mais un système scolaire dont ils sortaient.
 
L’effectif varie d’une année sur l’autre mais en moyenne, on a 80 élèves sur trois niveaux. On a des locaux de 600m2, organisés autour d’un espace central qui fait office de galerie, dans lequel les élèves peignent et dessinent (et on repeint à chaque fois, les murs sont de véritables palimpsestes !), et on a des ateliers spécifiques tout autour – bois, terre, photo, vidéo, avec une démarche pédagogique qui veut que les élèves font le ménage avec nous - on n’a pas de petites mains qui passent derrière pour nettoyer. Et c’est aussi parce qu’on suit un rythme organique qui veut que quand on est dans une dynamique de création, c’est compliqué de respecter des horaires. On a aussi introduit une formation d’écriture littéraire, qui est une proposition en-dehors du programme, ainsi qu’une préparation aux écoles d’art (4h/semaine). Dans les cursus classiques, l’art intervient souvent pour boucher les trous entre les matières principales, alors que chez nous, il est au cœur de la formation.
 
Nathalie, est-ce que tu peux nous parler de ton rôle dans l’école ?

Je m’occupe de la gestion et des finances de l’école, et maintenant de la galerie. Il y a également une dimension de coordination pédagogique.
(intervention de Jean-Jacques)
Par humilité naturelle, Nathalie ne le dira pas, mais elle a un rôle crucial dans la programmation de la galerie, toutes les décisions sont prises ensemble.
 
 

Nathalie et Jean-Marc Le Testu, devant la fresque de Fergus Sindall ©AuroreFossardDeAlmeida
Nathalie et Jean-Marc Le Testu, devant la fresque de Fergus Sindall ©AuroreFossardDeAlmeida
Jean-Jacques, tu peux nous parler de l’exposition de votre dernière exposition ?

En fait, j’ai découvert le travail de Fergus Sindall pour la première fois lorsque je faisais passer des examens aux Beaux-Arts. À ce moment-là, ses productions n’étaient pas vraiment mises en avant et il ne savait pas vraiment en parler - comme c’est souvent le cas pour les artistes. Pour moi, le travail parlait de lui-même. Mais le travail de Fergus est figuratif or il faut bien dire qu’il y a une sorte de tendance anti-figurative dans les écoles d’art, il faut forcément faire de l’abstrait… Nous, on a été ravi de travailler avec lui, il a vendu sa première toile, c’était gagnant-gagnant.
 
Quel est le rythme de votre programmation et est-ce qu’elle répond à des critères ?

Pour ce qui est de la galerie centrale, on suit le calendrier des Nuits des Bains, c’est-à-dire trois-quatre expositions par an sur 10 jours. On n’est pas encore dans le fichier des bains qui répertorie officiellement toutes les galeries du quartier des Bains, simplement parce qu’il faut faire ses preuves d’abord, c’est normal, et… c’est ce qu’on fait - lors du dernier vernissage, on a reçu plus de 1500 personnes, un vrai record ! On a aussi un autre espace qui s’appelle « Rouge vitrine », dans lequel il y a un moniteur vidéo qui nous permet de présenter des vidéos d’artistes qui peuvent tourner en continue, en parallèle de nos activités avec nos élèves.
Notre critère de sélection, c’est résolument Art Contemporain et ce ne sont pas des travaux d’étudiants. J’ai rencontré Fergus lorsqu’il était aux Beaux-Arts, mais on l’a exposé parce qu’il était diplômé. Comme on est aussi une école, ça peut prêter à confusion, mais nous sommes très clairs : nous n’exposons pas de travaux d’étudiants. La galerie joue probablement (on l’espère !) un rôle stimulateur pour les élèves, mais ce sont deux choses bien différentes. Les étudiants ont souvent l’a priori de croire qu’un artiste fait la fête tout le temps, se lève très tard l’après-midi et attend l’inspiration, comme ça… Alors qu’au contraire, les artistes sont des gens qui travaillent beaucoup, et qui, de temps en temps, vont faire la fête pour se reposer de tout ça (et là, c’est vrai qu’ils font bien la fête). Les rencontrer permet aux étudiants d’être plus lucide sur le monde de l’art. D’ailleurs, quand on repense à ce qui s’est passé la semaine dernière, on se rend compte que ça marche dans les deux sens, puisque ce sont les questions des 1ères années qui ont permis à Fergus d’écrire son texte de présentation de ses œuvres !
En revanche, je me suis toujours refusé à faire des visites guidées des expositions. Donner des informations sur le contexte d’une œuvre, c’est une chose, mais dire aux élèves ce qu’il faut en penser, très peu pour moi.

> Plus d'infos sur le NABAB sur http://www.ecolemes.ch/ACCUEIL.html
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Aurore Fossard De Almeida
Rédactrice et reporter pour Move-On Magazine. Les images qu'on fixe, les images qui bougent, les... En savoir plus sur cet auteur

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