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Gangbé Brass Band au CosmoFestival 2015 : les cuivres ont résonné dans nos montagnes!


Du 26 au 2 août 2015 avait lieu à Chamonix la 5ème édition du CosmoJazz Festival.


| Rédigé le Mercredi 12 Août 2015 |

©LaurianeSenty - Gangbé Brass Band
©LaurianeSenty - Gangbé Brass Band
Alors que les notes de musiques ricochent encore entre deux sommets, voici ce qu'André Manoukian, son fondateur, en rapporte sur le site du Festival : "Mon plus grand plaisir ? Vous voir émus par des musiques formidables, que certains pourraient trouver difficiles, alors qu’il suffit de s’asseoir en tailleur dans l’herbe et de laisser les ondes sonores vous guider vers les plus beaux sommets du monde. D’Iran, de Syrie, d’Israel, de Cuba, de Finlande, de Suisse, du Cameroun, nos choix n’étaient pas de céder à un exotisme complaisant, mais de vous faire découvrir le laboratoire musical du monde où s’élabore la transposition harmonique d’un rapport idéal entre les peuples.
C’est à Chamonix que ça se passe, parce qu’ici mieux qu’ailleurs, on sait concilier un amour immodéré de son territoire avec une ouverture permanente au Monde." Pas mieux. En revanche, on vous propose de continuer de voyager encore un peu en compagnie de James Vodounnon du groupe Gangbé Brass Band, qui s'est produit ici même le mardi 28 juillet. Move On Mag était là.

Comment vous êtes-vous rencontrés?
L’histoire a commencé en 1994, chacun était soit trompettiste, soit tromboniste avec un autre groupe moderne du Bénin. À ce moment-là, on a décidé de se mettre en association de souffleurs, d’instrumentistes à vent, qu’on a appelé UIV – Union des Instrumentistes à Vent. Étant donner qu’il n’y a pas d’école de musique au Bénin, tout ce qu’on fait, c’est du bouche à oreille, nous on sait jouer au trombone ou de la trompette grâce à nos parents qui ont été dans la garde d’honneur ou la gendarmerie nationale, qui ont été encadrées par la France.
 
Ce sont donc vos parents qui vous ont appris la musique ?
Voilà, c’est l’héritage de nos parents. On a commencé à jouer dans les églises, ensuite dans les groupes, puis dans les fanfares - au Bénin, il y a une forte tradition de fanfare. Donc c’est à partir de cette association UIV que s’est formé le groupe Gangbé Brass Band, et qui est devenu Brass Band du Bénin aujourd’hui. L’association a fait beaucoup d’enfants, de petits groupes…
 
Tout à l’heure, tu me parlais de Fela ?
Oui, Anikulapo Fela, qui est le fondateur de l’afrobeat et qui vient du Nigéria, nous a beaucoup influencé musicalement, nous on l’appelle notre père spirituel. Il est mort autour de 1997. Au début de la création du groupe, il était passé au Bénin, et depuis lors, sa musique a influencé plus d’une personne, et notamment notre groupe. C’est pour cette raison qu’on remarque beaucoup de l’Afrobeat dans notre style. Mais l’afrobeat, c’est une réforme de toutes les musiques traditionnelles du Nigéria, auxquelles Fela a apporté une valeur ajoutée. C’était un musicien de blues au départ, et il a modifié sa façon de jouer du blues avec les rythmes nigériens et avec des airs de chansons traditionnelles, et c’est ce qu’il a appelé l’afrobeat. Aujourd’hui, l’afrobeat a gagné le monde, il y a même un festival d’afrobeat qui a été crée en sa mémoire par ses fils. Ça s’appelle le Felabration Festival, sur lequel Gangbé est retenu depuis cinq ans. Donc tous les ans, on y va. Cette année, pour fêter les 20ans d’existence du Gangbé Brass Band, Femi, le fils de Fela, est invité à Kotomou, pour le show avec le Gangbé Brass Band.
 
Ça promet ! Surtout qu’il a participé à une chanson sur votre dernier album…
Oui, c’est ça. Notre nouvel album, qu’on a intitulé Go slow to Lagos, a été une rencontre de cultures entre le Bénin et le Nigéria. Le Nigéria est un vaste pays de l’Afrique de l’Ouest, un très grand pays, beaucoup plus développé que beaucoup d’autres pays de l’Afrique de l’Ouest. On a fait un voyage vers le Nigéria qui n’est pas facile d’accès, à cause de toutes les péripéties à la frontière, qui n’a rien à avoir avec les frontières en Europe. Les frontières qu’on nous a imposées ici en Afrique sont un peu anormales, ça n’a pas la même fluidité que quand tu passes d’un pays à un autre en Europe, et donc pour aller au Nigéria, c’est vraiment du « Go slow » (rires). Femi a joué sur le premier titre qu’on a nommé Yoruba sur notre nouvel album. Il a chanté et il a posé son saxophone dessus. Et ça fait du show, vraiment du show.
 
Et le nom du groupe, Gangbé Brass Band, ça vient d’où ?
« Gang » veut dire métal et « bé » signifie « son ». Donc le son du métal. Et « Brass Band », c’est un orchestre de cuivre. Ce qui veut dire que chez nous, tout est à base de métal, les cloches, les instruments de récupération. Même les tambours, on les a conçu. Il y a d’autres tambours en bois, qu’on va chercher dans des forêts sacrées, qui sont conçus avec des peaux d’autres tambours sur lesquels on jouait dans des couvents. Il fallait une permission du prêtre pour les sortir du couvent, pour les retravailler et enfin s’en servir à des fins commerciales, avec des rythmes qui sont appropriés.
 
Ça vous a fait quoi, aujourd’hui, de jouer à Chamonix ?
Ce festival au milieu des montagnes nous apporte beaucoup ! C’est un autre public, un autre lieu, une autre nature… il y a des bois, mais différents d’en Afrique, et le public était chaud ! Heureusement qu’on revient vendredi, parce que sinon ça nous aurait manqué (rires).
 
Quelles sont vos prochaines dates, cet été ?
On joue dans plusieurs endroits cet été, on fait plusieurs dates en Bretagne, notamment le Festival de Paimpol, on a une vingtaine de dates sur la France, le Luxembourg, jusqu’en Suisse (infos pratiques ici, NDLR)…
 
Quelles sont vos influences, quel est votre processus de création ?
 Pour les créations, le plus souvent, on reste au pays, pour être influencés par la nature, pour rester dans le cadre de nos réalités, de nos coutumes et de nos actualités, de notre quotidien. C’est tout ça qu’on ressent dans notre travail musical. On trouve aussi des chansons très engagées, pour dénoncer la politique, pour dénoncer les méfaits des sociétés et toutes ces tensions créées dans les foyers. Dénoncer les guerres fatales qui tuent des innocents par ici, dénoncer tout ce qui ne marche pas en fait, et réclamer, par exemple, le droit des enfants, le droit de la femme… On ne dit pas directement l’égalité entre la femme et l’homme, mais nous… on le chante.     
©Neils Saint Viteux
©Neils Saint Viteux

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Aurore Fossard De Almeida
Rédactrice et reporter pour Move-On Magazine. Les images qu'on fixe, les images qui bougent, les... En savoir plus sur cet auteur

        


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